DOSSIER : ACNÉ - Acné : bien évaluer pour bien traiter

DOSSIER : ACNÉAcné : bien évaluer pour bien traiter

16.12.2014

L’objectif de l’examen clinique est de faire le diagnostic, souvent évident, mais aussi et surtout d’évaluer le type de lésions prédominant et la sévérité de l’atteinte, ainsi que la présence de cicatrices et l’extension au tronc, qui vont conditionner les choix thérapeutiques.

  • Acné : bien évaluer pour bien traiter

Mots clés

Comment conduire l’interrogatoire ?

L’interrogatoire doit porter sur la date de début des lésions, leur évolution, les antécédents familiaux, les traitements déjà utilisés contre l’acné et leurs résultats, les autres traitements, en particulier hormonaux chez la femme, ainsi que sur les habitudes cosmétiques détaillées (1).

 

L’examen clinique

L’examen clinique sera pratiqué sous une lumière vive, comme pour tout examen cutané, avec palpation systématique de la peau.

Il permet l’évaluation des lésions élémentaires souvent associées entre elles.

 

Séborrhée

Aspect de peau grasse et luisante, constant et affectant la partie centrale du visage (nez, front, menton, joues) et la région thoracique supérieure (dos et face antérieure du thorax).

 

Lésions rétentionnelles nécessitant un traitement kératolytique

Comédons fermés (microkystes ou « points blancs ») : petits éléments surélevés blancs de 0,5 à 2 mm, qui passent souvent inaperçus, nécessitent une traction sur la peau pour les révéler et qui peuvent secondairement s’enflammer.

Comédons ouverts (ou « points noirs ») de 1 à 3 mm, succédant aux comédons fermés, qui correspondent à l’accumulation des kératinocytes oxydés au sein de l’orifice dilaté du canal infundibulaire et qui peuvent s’expulser spontanément ou s’enflammer.

 

Comédons ouverts ou points noirs

Comédons ouverts ou points noirs

 

Lésions inflammatoires nécessitant un traitement anti-inflammatoire

Papules :d’un diamètre inférieur à 5 mm, généralement issues d’un microkyste, mais parfois d’apparition spontanée, les papules se présentent comme des élevures rouges, fermes, parfois douloureuses, pouvant évoluer vers la résorption avec érythème ou la formation de pustules.

Pustules : papules au sommet desquelles apparaît un contenu purulent jaune.

Nodules : lésions inflammatoires profondes, d’un diamètre supérieur à 5 mm, évoluant souvent vers l’abcédation en surface ou en profondeur (formation de kystes ou sinus), avec formation de cicatrices.

 

Comédons, pustules et papules

Comédons, pustules et papules

 

Cicatrices

Les cicatrices sont d’autant plus fréquentes et importantes que l’inflammation est sévère et dure depuis longtemps. Elles peuvent être atrophiques de plusieurs types ou hypertrophiques (1, 2). La pigmentation post-inflammatoire est parfois définitive.

 

Comment évaluer la sévérité de l’acné ?

La conduite thérapeutique doit être adaptée au stade de sévérité de l’acné.

Il existe une échelle GEA d’évaluation de la sévérité de l’acné du visage en cinq stades, établie par un groupe de dermatologues français (Groupe Experts Acné) qui s’applique à l’acné polymorphe de l’adolescent, la plus fréquente.

 

-          Stade 1 : pratiquement pas de lésion

Comédons ouverts ou fermés rares et dispersés, papules rares.

-          Stade 2 : acné légère

Moins de la moitié du visage est atteinte, quelques comédons ouverts et fermés et quelques papulo-pustules.

-          Stade 3 : acné moyenne

Plus de la moitié du visage est atteinte, nombreux comédons ouverts ou fermés et papulo-pustules, présence d’un nodule.

-          Stade 4 : acné sévère

Tout le visage est atteint, nombreux comédons ouverts ou fermés et papulo-pustules, rares nodules.

-          Stade 5 : acné très sévère

Acné très inflammatoire recouvrant le visage avec des nodules (3).

 

L’extension au cou et au tronc doit aussi être appréciée.

 

 

Évaluer aussi le retentissement sur la qualité de vie

Les adolescents vivent très mal cette dermatose affichante.

En raison de sa localisation sur le visage, l’acné a un retentissement psychologique important qu’il faut savoir évaluer car il peut exister même avec une acné minime.

Des questionnaires de qualité de vie montrent que l’impact émotionnel et la fonction sociale sont très altérés.

Une prise en charge psychologique est parfois nécessaire.

Le dépistage d’une tendance dépressive peut remettre en cause la prescription d’isotrétinoïne (4).

 

Christine Fallet

 

 

 

Références

1. Revuz J. Examen clinique et lésions élémentaires.In J. Revuzet al. Acné : données nouvelles et prise en charge. Éditions Springer, Paris, 2010, p. 13-30.

2. Item 232 : Dermatoses faciales : acné. Collège national des enseignants de dermatologie, UMVF, 2010-2011.

3. Dréno Bet al. Development and evaluation of a Global Acne Severity Scale (GEA Scale) suitable for France and Europe. J Eur Acad Dermatol Venereol 2011 ; 25 : 43-8.

4. Beylot C. Acné et qualité de vie. In J. Revuzet al. Acné : données nouvelles et prise en charge. Éditions Springer, Paris, 2010, p. 107-10.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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