Réunis à Paris contre la loi de santé, 150 médecins en colère refusent de « négocier la liberté »

Réunis à Paris contre la loi de santé, 150 médecins en colère refusent de « négocier la liberté »

15.12.2014
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    Réunis à Paris contre la loi de santé, 150 médecins en colère refusent de « négocier la liberté »

À l’appel d’un « front uni » contre le projet de loi de santé regroupant la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP, cliniques), Le BLOC (syndicat de spécialités de plateaux techniques), la Fédération des médecins de France (FMF) et l’Union française pour une médecine libre (UFML), environ 150 praticiens se sont rassemblés samedi dernier, dans une faculté de médecine de Paris, pour un « happening » préparatif aux mouvements de grève (entre le 23 et le 31 décembre pour les libéraux, à partir du 5 janvier dans les cliniques privées).

Le Dr Philippe Cuq, coprésident du BLOC, a donné le ton. « Nous sommes le front uni contre le projet de loi de santé, réunissant les établissements et les médecins libéraux, lance-t-il à la salle. Le combat va être rude. »

« Réécriture totale »

Lamine Gharbi, président de la FHP, a embrayé sur le même registre. « Avec 8 millions de patients soignés chaque année dans nos établissements, j’estime que nous faisons partie de droit du service public hospitalier », souligne-t-il. Les cliniques redoutent que le nouveau service public hospitalier conçu comme un bloc d’obligations à respecter par les établissements (dont les tarifs opposables), aboutisse à marginaliser le secteur privé, même si Marisol Touraine semble disposée à des concessions sur ce point.

« Dans le public, ils peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre, accuse Lamine Gharbi, évoquant l’éligibilité de droit des hôpitaux au service public, sans remise en cause de l’activité libérale des PH. Alors je pose la question : qui est le crémier ? Moi ou la ministre ? »

Le patron de la FHP juge que la Marisol Touraine a « un problème idéologique et relationnel avec les médecins ». Selon lui, 70 % des 1 000 cliniques de la FHP ont programmé leur cessation d’activité à partir du 5 janvier. « On veut une réécriture totale de la loi », résume-t-il. La salle approuve bruyamment.

Le Dr Jérôme Vert, qui représente les anesthésistes du BLOC, précise que son syndicat a mis en place une cellule juridique pour les praticiens réquisitionnés. Il invite ses confrères à organiser des réunions « clinique par clinique » pour renforcer la grève. « Puisqu’on veut nous exclure du service public hospitalier, on va leur montrer comment il fonctionnera sans nous », conclut-il sous les bravos.

Assujettissement

Les mots d’ordre se succèdent. Le Dr Jean-Paul Hamon, patron de la FMF, invite ses confrères à la grève de la télétransmission pendant celle des cliniques. « Vous verrez, en trois jours, ils seront à la rue », pronostique-t-il. À la différence de la FHP, la FMF refuse de rencontrer Marisol Touraine. « On lui a déjà dit ce qu’on pensait de sa loi, et comme de toute façon, elle a décidé de se passer des médecins libéraux... »

Le ton monte encore avec l’intervention du Dr Jérôme Marty, chef de file de l’UFML. « Cette loi aboutira à l’assujettissement total du médecin à l’État et au financeur. Mais nous, nous ne négocions pas la liberté, nous ne marchandons pas l’indépendance », met-il en garde sous les applaudissements.

La « mainmise » de l’État (organisation territoriale, pratique médicale) fait l’objet de multiples critiques. « Les négos conventionnelles ne serviront plus à rien, prévient le Dr Cuq. Et avec la généralisation du tiers payant, ils vous tiendront par les "couilles" [sic] ». Le Dr Xavier Gouyou Beauchamps (Le BLOC) surenchérit : « Il y a 500 complémentaires santé, avec chacune son système informatique. Les imperfections de leurs systèmes vont nous retomber dessus. »

La salle est conquise. Tellement conquise que certains praticiens en appellent au déconventionnement généralisé. Le Dr Jérôme Marty remet les pendules à l’heure. « Le déconventionnement, c’est l’arme atomique, prévient-il [les patients sont alors remboursés sur un montant dérisoire]. Elle ne fonctionne que si nous sommes 40 000 à le faire. S’il n’y a que vous, conclut-il, vous serez décapités et ça n’aura servi à rien. »

Henri de Saint Roman
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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