Italie : 3 chirurgiens accusés d’avoir continué à opérer un cadavre pour couvrir leur erreur

Italie : 3 chirurgiens accusés d’avoir continué à opérer un cadavre pour couvrir leur erreur

28.10.2014

Accusés d’avoir falsifié le registre du bloc opératoire et d’avoir continué à opérer une septuagénaire malgré son décès pour éviter « des contrôles et des ennuis judiciaires », trois médecins dans la région des Pouilles, à Potenza, dont le médecin chef du département de cardiochirurgie, ont été placés aux arrêts domiciliaires.

L’affaire remonte au mois de mai. Âgée de 71 ans, Elisa Presta est hospitalisée à l’hôpital San Carlo pour un remplacement de la valve aortique. Mais durant l’opération, le cœur de la patiente lâche. Après avoir constaté le décès, les médecins décident de terminer l’intervention pour couvrir les erreurs commises. Pour justifier la mort d’Elisa Presta, les médecins parlent dans son dossier médical de « survenue de complications ».

Autopsie et mise sous écoute

Le temps passe, cinq mois pour la précision. À la fin de l’automne, la police reçoit une lettre anonyme : Elsa Presta n’est pas morte toute seule, les médecins l’ont tuée et ont charcuté son cadavre pour éviter des ennuis, confie la gorge profonde. Une équipe de limiers part sur les lieux du crime présumé et interroge l’équipe médicale et paramédicale de service dans le bloc opératoire le jour de l’intervention. Dans la foulée, les inspecteurs de police convoquent la famille de la défunte et saisissent le dossier médical. Le tribunal ordonne aussi une autopsie. Les résultats sont sans appel : les trois médecins qui ont effectué l’intervention ont doublement mal agi. Les spécialistes sont immédiatement placés sur écoute. L’enregistrement de leurs conversations révèle que le médecin chef Nicola Marraudino, âgé de 54 ans, a tout orchestré. Et qu’il a demandé à ses deux collègues de l’aider.

Refus de démissionner

« Je lui ai demandé de faire un geste, d’avoir le sens de ses responsabilités d’un point de vue médical et professionnel, c’est-à-dire de démissionner. Il a refusé », confie Francesco Sisto, chef du département de cardiochirurgie. Estimant qu’il en allait de la réputation de l’hôpital et des relations avec les autres patients, le Pr Sisto a décidé de relever son collègue de ses fonctions jusqu’à la fin de l’enquête à défaut de pouvoir le mettre carrément à la porte. Entre-temps, le directeur général du centre hospitalier, Gianpiero Maruggi, a rendu son tablier. Peut-être s’estimait-il complice : il n’avait pas examiné le dossier médical en profondeur et n’avait pas voulu entendre les rumeurs qui enflaient dans les couloirs aseptisés de l’hôpital sur l’attitude des trois médecins placés aux arrêts domiciliaires. Tous les scénarios sont envisageables, les raisons de cette décision n’ayant pas été rendues publiques.

Pour l’heure, les médecins restent chez eux, le magistrat ayant estimé qu’ils ne risquent pas de s’enfuir, de réitérer leur geste sur un autre patient, de falsifier des documents ou d’influencer d’éventuels témoins. Mais à l’hôpital, le malaise règne et les interrogations sont pesantes : pourquoi une telle omerta ? Qui peut être la gorge profonde ?

Ariel F. Dumont, à Rome
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 5 Commentaires
 
04.11.2014 à 00h44

« La gorge profonde ? Une infirmière ou un interne du bloc, écoeuré par ces pratiques ; vous parlez de "délation" cher confrère ? Parce que vous, vous auriez eu le courage, en étant dans une position Lire la suite

Répondre
 
29.10.2014 à 11h51

« Article incompréhensible ! Quelle faute ? Un malade, âgé et en mauvaise santé, subissant une intervention lourde, "a le droit" de mourir sur la table ! Ont-ils fait une faute "avant" ? Laquelle ? P Lire la suite

Répondre
 
29.10.2014 à 00h05

« La gorge profonde ? Probablement un témoin qui n'a pas réussi à faire chanter. »

Répondre
 
29.10.2014 à 10h59

« Je vous plains très sincèrement si votre conception de la nature humaine et des professions de santé vous amène à nier sincèrement l'existence des lanceurs d'alerte intègres en milieu médical-sans e Lire la suite

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30.10.2014 à 21h49

« Belle défense de la délation ! »

Répondre

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