La mouche domestique : un vecteur de maladies champion de survie

La mouche domestique : un vecteur de maladies champion de survie

15.10.2014
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La mouche domestique (Musca domestica) est capable de véhiculer plus d’une centaine de pathogènes humains et animaux différents, qui vont des salmonelles au Mycobacterium tuberculosis en passant par les parasites intestinaux. En séquençant son génome, des entomologistes et des généticiens américains menés par le Pr Jeff Scott, de l’université Cornell dans l’État de New York, ont non seulement découvert qu’elle disposait d’un système immunitaire très robuste, mais aussi de capacités de survie aux produits toxiques très puissantes. Dans leur article publié mardi dans « Genome Biology », les auteurs décrivent comment cet insecte s’adapte aux produits contenus dans les insecticides.

La grande bibliothèque des cytochromes P450

Le génome de la mouche domestique fait deux fois la taille du génome de la drosophile, dont le séquençage complet a été publié dans « Science » en 2000. Dans cet espace de stockage plus vaste, elle peut compter sur une très grande variété de cytochromes P450, dont le rôle est de dégrader des molécules exogènes, et notamment des toxiques. Cette richesse est bien supérieure à celle à laquelle on pourrait s’attendre en se basant sur ce que l’on observe chez d’autres variétés de mouches. À titre d’exemple, sa cousine la mouche tsé-tsé en a deux fois moins. « La raison pour laquelle la mouche domestique a besoin d’autant de cytochromes différents reste encore obscure », reconnaissent cependant les auteurs.

Détecter et détruire, deux systèmes complémentaires

En plus de cette grande capacité de métabolisation, le génome de la mouche domestique a également révélé la présence de gènes codant pour des chémorécepteurs capables de renseigner l’animal sur la présence de toxiques dans l’environnement. La combinaison de ce système de détection et de puissantes facultés d’élimination des substances toxiques explique comment cet insecte, qui s’établit fréquemment dans les habitats humains, parvient à s’adapter à la plupart des insecticides qui lui sont opposés. Les auteurs estiment qu’il est possible de contourner ce « rideau de fer » en utilisant des ARN interférents capables de réprimer la transcription de gènes impliqués dans les défenses de l’animal.

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
15.10.2014 à 15h37

« Ah voilà pour quoi MST elle dure ! Elle a dû rencontrer la mouche domestique coupé de TSE TSE, celle qui survie et qui endort ! »

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