Sida : l’efficacité de la circoncision en prévention se confirme

Sida : l’efficacité de la circoncision en prévention se confirme

21.07.2014

Une étude présentée ce lundi lors de la 20e Conférence internationale sur le sida à Melbourne (Australie) confirme que la circoncision est un moyen efficace en prévention de la transmission du VIH. Elle montre que, contrairement aux craintes de certains experts, les hommes hétérosexuels qui ont fait le choix d’une circoncision ne délaissent pas le préservatif.

L’étude a été conduite de 2008 à 2010 au Kenya à la faveur de la mise en place à grande échelle du programme gouvernemental en faveur de la circoncision, conformément aux recommandations de l’OMS et de l’ONUSIDA de 2007. Les chercheurs de l’université d’Illinois (Chicago) ont inclus 3 186 hommes âgés de 18 à 35 ans dans la province de Nyanza, au Kenya. La moitié d’entre eux a choisi de se faire circoncire peut après leur inclusion. Les participants ont régulièrement été interrogés (tous les six mois pendant deux ans) sur leur perception du risque, leur comportement sexuel et leur utilisation ou non du préservatif. Au cours de la période de suivi, ils ont reçu des conseils les invitant à se faire dépister par le biais de programmes vidéo. Aucun n’a reçu de conseil direct.

Encourager les pays à adopter cette stratégie

Les résultats montrent une augmentation de l’activité sexuelle dans les deux groupes, circoncis ou non, et particulièrement dans la tranche d’âge des 18-24 ans. En revanche, les pratiques sexuelles à risque – partenaires multiples, obtention de relations sexuelles contre de l’argent ou des cadeaux, partenaires multiples – n’ont pas augmenté ni dans le groupe des non-circoncis ni surtout dans le groupe des circoncis. Elles étaient même en forte diminution. L’utilisation du préservatif a augmenté.

Le fait d’être circoncis a influencé la perception du risque pour eux-mêmes – 30 % des circoncis contre 24 % des non-circoncis se considéraient comme hautement à risque avant l’intervention ; ils n’étaient plus que 14 % contre 21 % après l’intervention. Toutefois, cela n’a pas eu de conséquences sur le comportement à risque.

« Les pays qui ont eu tendance mettre à un frein aux programmes de circoncision médicale en raison du risque de relâchement de la prévention ne devraient plus avoir d’inquiétudes à ce sujet », souligne Nelli Westercamp, l’auteur principal de l’étude.

Des bons d’achat incitatifs

Pour vaincre les résistances des adultes, essentiellement économiques - dans certains pays d’Afrique subsaharienne, le recours à des bons d’achat de nourriture semble être un moyen efficace. C’est en tout cas la conclusion de l’étude de Harsha Thirumurthy (Université de Caroline du Nord) et coll., publiée dans le « JAMA ». Conduite dans la même province de Nyanza (Kenya) auprès de 1 504 hommes non circoncis, âgés entre 25 et 49 ans, auxquels étaient proposés ou non des bons. Les participants qui recevaient des bons étaient divisés en plusieurs groupes selon le montant accordé. Parmi ceux à qui un bon de 15 USD a été proposé, 9 % ont opté pour l’opération dans les deux mois suivants. Seulement 6,6 % se sont fait opérer dans le groupe où un bon de 8,75 dollars était proposé et 1,9 % en cas de bons de 2,50 dollars. Le taux d’acceptation était encore plus faible (1,6 %) parmi ceux qui n’ont reçu aucune compensation. Si la hausse globale reste « modeste », elle reste significative chez les personnes les plus à risque, chez les hommes mariés et chez les plus âgés, des catégories plus difficiles à atteindre, notent les auteurs.

Les recommandations de l’OMS de 2007 étaient fondées sur les résultats de trois essais randomisés menés au Kenya (2007), en Ouganda (2007) et en Afrique du Sud (2005). Ces résultats avaient été confirmés pour la première fois dans la vraie vie par l’étude ANRS 12126 menée en Afrique du Sud qui avait montré une baisse de 75 % de l’incidence de l’infection peu différente des 60 % des études princeps.


Une veillée pour les disparus du vol MH17
 
La conférence internationale sur le sida s’est ouverte dimanche en Australie par un hommage aux participants morts dans le crash du MH17. « Que notre silence représente notre tristesse, notre colère et notre solidarité », a déclaré la présidente de l’IAS Françoise Barré-Sinoussi pour cette minute de silence.
Les chiffres officiels font état de 6 experts et activistes du sida – et non d’une centaine comme précédemment annoncé – parmi lesquels Joep Lange un ancien président de l’IAS (2002 à 2004).
En marge du congrès, une veillée aux chandelles se déroulera mardi soir sur la grand place de Melbourne.
 
Dr Lydia Archimède
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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