Les « techniques de drague » des hôpitaux pour séduire les médecins

Les « techniques de drague » des hôpitaux pour séduire les médecins

23.05.2014
  • hôpital

Praticiens hospitaliers et responsables administratifs ont discuté des moyens d’attirer les médecins dans le secteur public, lors d’une table ronde aux Salons de la santé et de l’autonomie, à Paris.

Aujourd’hui, 24 % des postes de PH temps plein sont vacants (et 41 % des postes à temps partiel).

Ce constat a conduit la Fédération hospitalière de France (FHF) à publier début mai un rapport sur l’attractivité de l’hôpital public auprès des médecins, qui avance une panoplie de mesures portant sur la rémunération.

Ambiance festive et postes partagés

Les hôpitaux ont chacun leurs techniques, sérieuses ou plus légères, pour fidéliser les jeunes médecins.

Convivialité et proximité sont les armes de séduction massive du CHU de Toulouse. « Nous voulons fêter l’arrivée de chaque jeune médecin, qui doit pouvoir nous identifier, le directeur général et moi-même », insiste le Pr Bernard Pradère, président de la commission médicale d’établissement (CME). La rémunération est un autre argument : en post-internat, le CHU de Toulouse annonce recruter à l’échelon 3 et non à l’échelon I (soit 150 euros de plus).

Pour le CH du Mans, le nerf de la guerre est la diversité. L’hôpital a ouvert deux postes partagés « interspécialités » de PH. Le Dr Jean-Christophe Callahan partage son temps entre les urgences, dont il apprécie « le rythme et la densité décisionnelle » et le service de réanimation, intéressant pour le suivi des patients et l’aspect technique. « Travailler sur deux services complémentaires est peut-être un bon moyen d’éviter le burn out », avance le jeune homme.

Délégation de tâches et matériel de pointe

Le Pr Philippe Gain, chef du service ophtalmologie du CHU de Saint-Étienne, a choisi un autre angle d’attaque pour concurrencer l’ophtalmologie libérale, attractive « à mort ». À l’hôpital, « l’ennui » est le plus grand repoussoir, analyse-t-il. Pour stimuler l’intérêt des jeunes médecins pour l’exercice hospitalier, le Pr Gain leur donne la possibilité de se concentrer sur leur cœur de métier, en déléguant « la quincaillerie et la mesure aux orthoptistes et aux machines ».

« Chez moi et dans les cinq hôpitaux de proximité rattachés au CHU, les jeunes font de la cataracte en ambulatoire, bénéficient d’un staff de haut niveau et d’un équipement de pointe, témoigne le médecin. Ils ne font aucune garde ni astreinte, leurs conditions de travail sont excellentes ! ». Et pour ceux qui ont encore du temps libre, suggère-t-il, reste l’AS Saint-Étienne...

Anne Bayle-Iniguez
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 19 Commentaires
 
25.05.2014 à 19h01

« Il serait bon que les administratifs qui d'ailleurs se multiplient très vite dans les directions hospitalières (pendant qu'on supprime des postes de soignants et réduits les lits et les temps d'hosp Lire la suite

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24.05.2014 à 14h59

« C'est le problème de toute la société actuelle: les scientifiques ne veulent plus enseigner car les administratifs ont adjoint à la tâche de transmission du savoir plein de tâches d'éducation et d'a Lire la suite

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24.05.2014 à 14h36

« Je ne connais pas un seul hôpital chu et autres où l'anesthésiste qui fait la consultation assure l'anesthésie et le suivi post Opératoire du patient. »

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25.05.2014 à 04h09

« J'ai eu cette chance au CHU de Fort de France (Martinique) que je viens de quitter pour raison de retraite, après 32ans de chirurgie viscérale. Du pur bonheur »

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23.05.2014 à 22h22

« Je pense sincèrement que les directeurs des établissements hospitaliers et leurs organismes de tutelles n'ont rien compris. Dans ces établissements la majorité de la masse salariale est affectée à d Lire la suite

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24.05.2014 à 02h01

« Comme notre commentateur du 23/05/2014 à 22h22, je crois que l'on fait fausse route : les médecins qui se commettent dans l'administratif - actuellement complètement déconnecté des soins - n'ont rie Lire la suite

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26.05.2014 à 10h21

« J'ai l'impression de lire mon histoire. Un chef de service qui voit les malades sur dossier au staff du matin, qui est continuellement dans son bureau du matin au soir, abandonne la consultation de Lire la suite

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23.05.2014 à 21h15

« Il ne ressort ce commentaire qu' un discours, pour table ronde médico-administrative parisienne, à transmettre au ministère, et toujours hélas plus loin de la rude réalité. »

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