Un médecin généraliste doit s’expliquer devant l’Ordre après une plainte... de son agresseur

Un médecin généraliste doit s’expliquer devant l’Ordre après une plainte... de son agresseur

24.04.2014

Le Dr Sylvain Weber, généraliste à Châtillon (Hauts-de-Seine), a contacté « le Quotidien » pour signaler une agression dont il a été victime à son cabinet le 27 février. Ce jour-là, un patient souffrant de troubles psychiatriques, dont il est le médecin traitant, arrive en consultation très énervé. « Il était virulent et se plaignait d’une importante prise de poids et de l’oubli, selon lui, d’un médicament dans un courrier que j’avais rédigé à un hôpital », confie le Dr Weber.

Des insultes, des coups et une lettre

Le généraliste ne parvient pas à calmer l’homme, la discussion dégénère. Selon le médecin, le patient profère des insultes et met à terre une lampe qui était sur son bureau. « Puis, ça a été des coups, j’ai appelé ma secrétaire et c’est après avoir alerté la police qu’il est parti. »

La secrétaire confirme la tournure des événements. Le médecin, qui pratique le karaté, n’a pas été blessé. Il téléphone toutefois à son ordre départemental pour signaler l’agression. « Ils devaient m’envoyer un formulaire mais je ne l’ai pas reçu. »

L’affaire aurait pu en rester là mais il y a deux semaines, le Dr Weber a reçu un courrier de l’Ordre des Hauts-de-Seine. Pas exactement celui qu’il attendait. Cette lettre l’invite à se rendre à une commission de conciliation fin mai après la plainte dudit patient, envoyée à l’Ordre le jour-même de l’agression.

La conciliation, une procédure automatique

Le Dr Weber tombe des nues et ne comprend pas cette convocation. « J’ai l’impression que les rôles sont inversés, clame-t-il. C’est injuste, cela ne correspond à rien. Je reproche à l’Ordre d’accorder du crédit au témoignage du patient. »

Après réception de ce courrier, le médecin a déposé une main courante à la police car « les choses prennent un tour sérieux ». Le généraliste réfute toute négligence dans le suivi de ce patient.

Contacté par « le Quotidien », un responsable de l’Ordre des Hauts-de-Seine, qui n’a pas souhaité être cité, affirme que la tentative de conciliation est automatique dès lors qu’un patient dépose une plainte contre un médecin : « C’est la loi, on ne peut pas arrêter la procédure. » Très souvent, la conciliation permet aux parties de s’entendre et d’arrêter la plainte. Si elle échoue, la plainte passe devant une chambre disciplinaire (qui peut rejeter la plainte ou sanctionner le praticien d’un avertissement, d’un blâme, ou d’une interdiction d’exercice).

Christophe Gattuso
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 76 Commentaires
 
30.04.2014 à 12h03

« Je suis tout à fait d'accord pour supprimer le COM, qui ne sert à rien. On a déjà vu son attitude "compréhensive" vis-à-vis des patientes du Dr. A. Hazout, et comment il a mis à la poubelle leurs pl Lire la suite

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30.04.2014 à 10h43

« Les Ordres devraient revoir leur communication et réclamer, avec les médecins, un aménagement des dispositions légales actuelles, auprès des élus de l'Assemblée nationale actuelle ; les lois qui ré Lire la suite

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28.04.2014 à 10h45

« Chers confrères. Poursuivons, récapitulons et essayons d'être constructifs afin si possible d'arriver à sortir un protocole ou une conduite à tenir en cas d'agression avec coups, voire blessures, la Lire la suite

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01.05.2014 à 12h21

« Tous les Médecins devraient souscrire à l'assurance "AT" qui reste facultative. Ce serait une mesure de sécurité.
Je suis tout à fait d'accord avec les conseils ci-dessus. »

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28.04.2014 à 09h56

« N'importe quoi, cela confirme que l'ordre ne sert à rien qu'il ne protège en aucun cas les médecins et qu'il faut très rapidement le suprimer. »

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27.04.2014 à 23h13

« En fait ce qui serait judicieux de la part de l'Ordre serait, à réception des faits, de dissuader fermement et justement ce patient enragé et nuisible, au lieu de s'empresser de recevoir et de condu Lire la suite

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28.04.2014 à 15h37

« On peut supposer que le CDO a failli en n'adressant pas au confrère l'imprimé de déclaration et de ne pas avoir acté sa déclaration téléphonique, ce qui aurait permis de remettre les choses à leur p Lire la suite

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