Les médecins généralistes prescrivent trop de dosages du PSA en France

Les médecins généralistes prescrivent trop de dosages du PSA en France

01.04.2014
  • 1396368546511855_IMG_126856_HR.jpg

« Le dosage du PSA en France correspond à un dépistage de masse contrairement aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) », estiment Philippe Tuppin et coll. qui ont évalué la fréquence du dosage sérique de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) d’après les données de l’assurance-maladie. Les résultats publiés dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » portent sur 11 millions d’hommes de 40 ans et plus couverts par le régime général entre 2009 et 2011 et sur les informations les concernant issues du SNIIRAM (Système national d’information inter-régimes de l’assurance-maladie).

87 % des prescriptions

En 2011, environ 30 % des hommes ont eu au moins un dosage du PSA alors qu’ils n’avaient pas de cancers ni d’hypertrophie de la prostate. Le dosage est « principalement prescrit par les médecins généralistes », soulignent les auteurs. En effet, 87 % des dosages prescrits l’ont été par un généraliste. L’étude montre également qu’entre 2008 et 2011, période au cours de laquelle ont été publiées les deux études controversées sur le dépistage et la mortalité qui ont conduit à un rappel des recommandations par la HAS, la proportion d’hommes qui ont continué a se voir prescrire un PSA n’a pas diminué. L’étude montre qu’entre 2007 et 2012, le nombre de prostatectomies a diminué, passant de 27 278 à 19 789. Le nombre d’assurés du régime général avec une mise sous ALD pour cancer de la prostate a également diminué entre 2011 et 2012, de 41 865 à 36 110, alors qu’il était stable les années antérieures.

Troubles de l’érection et troubles urinaires

Par ailleurs, le dosage du PSA libre qui n’est pas recommandé dans le suivi d’un cancer de la prostate est encore prescrit même lorsque le diagnostic n’a pas été posé. Parmi les 4,2 millions de dosages de PSA prescrits, 21 % concernaient le PSA libre nettement plus coûteux que le PSA global (17 euros contre 10 euros). Là encore, « il est principalement le fait des médecins généralistes, avec une prescription effectuée le plus souvent dans le cadre d’un dépistage individuel », précisent Tuppin et coll.

Après un dosage de PSA en 2010, 1 % des hommes ont été pris en charge pour un cancer l’année suivante. En cas de cancer de la prostate, 38 % ont eu une prostatectomie, 35 % une hormonothérapie, 29 % une radiothérapie et 20 % n’ont pas eu de traitement (surveillance). Chez les 50-69 ans, près de 66 % ont eu une prostatectomie isolée et, parmi eux, 61 % un traitement médicamenteux pour une complication, soit un trouble de l’érection (61 %) ou un trouble urinaire (18 %) dans les deux ans.

L’étude souligne par ailleurs une forte hétérogénéité d’une région à l’autre aussi bien pour le dosage du PSA que pour la réalisation des biopsies et la prise en charge du cancer. Ces résultats doivent, selon eux, conduire à une réévaluation des pratiques. De même, la fréquence élevée des troubles urinaires et de l’érection après traitement du cancer doit être prise en compte dans l’information à donner au patient, idéalement dès le dosage du PSA.

Dr Lydia Archimède
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 20 Commentaires
 
04.04.2014 à 17h45

« "Quant à la peur d’éventuels procès de patients atteints de K non dépistés, sur quel argument scientifique pourront-ils s'appuyer ?? "
Sur les mêmes arguments qui oblige l'indemnisation des SEP apr Lire la suite

Répondre
 
03.04.2014 à 13h09

« Si certes le dépistage du K du sein par mammographie n'a pas prouvé son efficacité, mais celui du dépistage du K de la prostate encore moins.
Aucune société savante ne recommande le dépistage syst Lire la suite

Répondre
 
02.04.2014 à 18h06

« Le mieux pour une fois serait d'associer des usagers du système de soins. Doit-on attendre des signes tardifs, faire des TR systématiques dès qu'un homme de 50 ans passe au cabinet, ou faire des PSA Lire la suite

Répondre
 
02.04.2014 à 15h33

« 2 commentaires :
1-Le dosage du PSA coûte moins cher à la sécu que la VS, examen complètement inutile et pourtant très souvent prescrit à titre systématique !
2 -Il faut distinguer diagnostic précoc Lire la suite

Répondre
 
02.04.2014 à 14h01

« Il est plus difficile d'arrêter une pratique erronée que de mettre en œuvre une pratique utile. AUCUNE organisation officielle en France ou à l'étranger ne recommande, en AUCUNE circonstance, le dép Lire la suite

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Dans la Manche, un maire fait face au désarroi des habitants privés de généralistes

manche

« Nous sommes dans une situation plus que tendue ». Jean-Pierre Lhonneur, maire de Carentan-les-Marais (Manche) depuis 2008, est quelque peu... 5

Poses de prothèses en chirurgie ambulatoire : l'AP-HP marque des points

hanche prothese

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonce la réalisation de deux poses de prothèse (totale de hanche et unicompartimentale... 2

Éléments en faveur d'une maladie de Lyme chronique, d'après des travaux chez le singe

lyme

Alors qu'en France un protocole de diagnostic et de soins est en cours de rédaction à la Haute Autorité de santé (HAS), les controverses... 1

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter