Accouchement : l’expression abdominale, pourtant déconseillée, perdure

Accouchement : l’expression abdominale, pourtant déconseillée, perdure

14.03.2014
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    Accouchement : l’expression abdominale, pourtant déconseillée, perdure

Le collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) s’alarme de la persistance, au cours des accouchements, de l’expression abdominale, une pratique pourtant non recommandée. En 2007, la Haute autorité de santé (HAS) indiquait qu’il « n’y a pas d’indications médicalement validées pour réaliser une expression abdominale », généralement effectuée pour raccourcir la durée de la 2e phase de l’accouchement.

La HAS précisait en outre qu’en raison du vécu traumatique des patients et de leur entourage, et de l’existence de rares mais graves complications, l’abandon de cette pratique était justifié. En cas de nécessité d’écouter la 2e phase de l’accouchement, une extraction instrumentale ou une césarienne sont recommandées.

22 % d’expression en moyenne

Sept ans après, le collectif CIANE s’appuie sur une enquête lancée en février 2011, totalisant 16 998 réponses, pour dénoncer la persistance de l’expression abdominale, notamment chez les primipares (deux à trois fois plus que chez les multipares). Certes, il y eut une baisse manifeste. Chez les premières, ce taux a chuté de 43 % à 33 %, tandis qu’il stagne aux alentours de 15 % pour les secondes. Mais il reste en moyenne à 22 %. « Pour une pratique censée être bannie des salles de naissance, on ne peut manquer d’être surpris par ces taux », commente CIANE.

En parallèle, le collectif ne note pas de substitution par des techniques d’extraction instrumentale, comme le préconisait la HAS. L’expression abdominale est associée dans 55 à 60 % des cas à une extraction instrumentale, taux resté stable dans le temps. Il n’y a apparemment pas non plus de substitution de la césarienne, dont les taux n’ont pas significativement augmenté entre 2003 et 2010, à l’expression abdominale.

Autre constat   le taux d’expression abdominale est plus élevé dans les établissements privés (38 % en niveau 1) que dans le public (25 %). « Doit-on associer ces différences au fait que dans les maternités privées, les obstétriciens assurant la sortie du bébé, il y a une pression temporelle plus importante dès lors qu’ils sont appelés par la sage-femme ? » s’interroge le CIANE.

Violence

Le consentement de la femme n’a été demandé que dans 18 % des cas, déplore le CIANE, alors que les témoignages font part d’un sentiment de violence et soulignent des traumatismes physiques (bleus, côte cassée, vaisseaux éclatés, douleur persistance). « Un accouchement de barbare, le médecin qui arrive juste à la fin et qui appui sur le ventre pour que ça "aille plus vite" », lit-on. Ou encore : « J’ai été choquée de voir une sage-femme appuyer sur mon ventre et presque s’asseoir sur mon ventre sous prétexte que je ne poussais pas assez fort ».

Le CIANE relève enfin le lien entre mobilité et liberté de position pendant le travail et une plus faible incidence de l’expression abdominale. Sans pouvoir en l’état actuel des connaissances tirer de conclusions précises, il insiste sur la pertinence pour les femmes de pouvoir prendre une position qui leur convient à la naissance.

Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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