Un médecin, ex-cadre de l’industrie pharmaceutique, dénonce les pratiques de ses employeurs

Un médecin, ex-cadre de l’industrie pharmaceutique, dénonce les pratiques de ses employeurs

06.02.2014
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    Un médecin, ex-cadre de l’industrie pharmaceutique, dénonce les pratiques de ses employeurs

Le Dr Bernard Dalbergue a été cadre de l’industrie pharmaceutique pendant deux décennies. Dans un livre en forme de réquisitoire qu’il publie aux éditions Flammarion, intitulé « Omerta dans les labos pharmaceutiques », il décrit des pratiques interdites (experts rémunérés sans aucune transparence, essais cliniques orientés, effets secondaires passés sous silence...) et les dérives d’un marketing débridé.

« Je ne suis ni une victime, ni un croisé anti-industrie pharmaceutique (...), assure l’auteur. En 20 ans de carrière, j’ai vu le meilleur puis le pire. J’ai accompagné le lancement de médicaments révolutionnaires et aussi de fausses innovations. »

• Discrètes rémunérations

À son dernier poste, Bernard Dalbergue aura eu à gérer le lancement sur le marché de nouvelles molécules. Sur un produit, il raconte : « Depuis des mois, notre entreprise rémunère discrètement un expert public pour qu’il fasse le lobbying de notre nouveau remède. (...) Les montants accordés au super VRP sont exorbitants, mais le plus grave, c’est qu’il officie comme expert auprès de l’Agence du médicament. »

Bernard Dalbergue précise qu’un des rapports écrits par cet expert, « très élogieux pour notre molécule » a permis à son laboratoire de décrocher une autorisation temporaire de commercialisation. « Le hic, continue-t-il, c’est que le docteur a omis de déclarer sa proximité avec nous. (..) Il faudra le drame du Mediator, la réforme initiée par Xavier Bertrand, et la nomination d’un nouveau directeur de l’Agence pour que ces pratiques évoluent. »

• Les médecins ? « Des mômes... »

La charge est sévère mais étayée. Dans les 300 pages du livre, coécrit avec la journaliste Anne-Laure Barret, il décrit les relations parfois incestueuses que son entreprise entretient avec quelques leaders d’opinion du monde médical (souvent des médecins hospitaliers réputés qui orientent les prescriptions). Le directeur des ventes de son laboratoire, raconte-t-il, donne le « la » : « Manipuler des médecins, il n’y a rien de plus simple. Ce sont des mômes et nous sommes des dealers de bonbons. Ils n’ont pas été formés à résister à la manipulation. » Bernard Dalbergue se défend de jeter le bébé avec l’eau du bain : « La majorité des industriels pistent les effets indésirables des médicaments et n’hésitent pas, le cas échéant, à interrompre leur développement. »

• Mélange des genres

En 2011, Bernard Dalbergue doit valider la rémunération d’un praticien pour une étude clinique. Problème, ce médecin est expert à l’Agence européenne du médicament, pour laquelle il gère un dossier relatif à un autre produit du même laboratoire. Le Dr Dalbergue refuse de valider le paiement. L’expert sera quand même payé. L’auteur sera peu après licencié pour des raisons officiellement sans rapport avec son refus.

Bernard Dalbergue est aujourd’hui en conflit avec son employeur sur les motifs de son licenciement. Un procès devant les prud’hommes est prévu cette année.

H.S.R.
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 15 Commentaires
 
12.02.2014 à 13h07

« Merci à Bernard Dalbergue d'avoir eu le courage d'être un lanceur d'alerte et merci aux confrères de ne pas scruter le doigt du lanceur d'alerte pour savoir si le doigt est bien impeccablement prop Lire la suite

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12.02.2014 à 09h29

« Bien, les yeux s'ouvrent. Une part de nos confrère commence à comprendre que si il reçoivent des revues "médicales" gratuitement, et se font bichonner par les visiteuses pharma, c'est que ceux qui p Lire la suite

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10.02.2014 à 07h31

« Comme toujours dans ce genre de situations, on trouve la démarche du dénonciateur salutaire et aussitôt l'on critique son silence pendant 20 ans ainsi que la publication de son livre qui va lui rapp Lire la suite

Répondre
 
08.02.2014 à 10h00

« "La bonne conscience arrive un peu tardivement", ce n'est pas grave. Ce qui est grave c'est que les autorités publiques gobent cette forme de lobbying qui tout simplement est une forme de PUBLICITÉ. Lire la suite

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08.02.2014 à 00h04

« Bravo au courageux Dr Dalbergue!
Je confirme avoir rencontré de telles pratiques.

La vérité doit être dite, et ce genre de réalités doit être dénoncé : c'est autre chose qu'une boîte de chocolats o Lire la suite

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