Hautes-Alpes : polémique après l’absence de médecin pour établir un certificat de décès

Hautes-Alpes : polémique après l’absence de médecin pour établir un certificat de décès

03.01.2014
  • médecin certificat

    Hautes-Alpes : polémique après l’absence de médecin pour établir un certificat de décès

  • 1388763555485507_IMG_119470_HR.jpg

L’affaire a fait grand bruit dans les Hautes-Alpes. Le 25 décembre, une femme décède à son domicile, près de Gap. Malgré ses tentatives, le centre 15 ne parvient pas à trouver de médecin pour établir le certificat de décès.

Le premier généraliste contacté, qui exerce dans la commune du défunt, est en congés à quelques centaines de kilomètres de là. Il propose de passer au domicile du défunt à son retour dans la soirée. Le second praticien, qui est de garde à la maison médicale de Gap, ne peut pas se libérer avant la fermeture de la structure à minuit du fait de la forte affluence. Finalement, le premier médecin constatera le décès à 23h15.

Le préfet des Hautes-Alpes, Pierre Besnard, a aussitôt pris à partie le corps médical. Dans les colonnes de « la Dépêche du Midi », il a regretté que les médecins soient difficilement mobilisables pendant les périodes de fêtes. N’hésitant pas à leur reprocher « d’ajouter de pénibles tracasseries au désarroi des familles » dans ces moments difficiles, le préfet a appellé à « l’humanité et à la responsabilité les médecins du département ». Ce coup de pied de l’âne intervient un mois après que la préfecture a ouvert des discussions avec les représentants des praticiens pour répondre aux difficultés de plus en plus grandes de la population pour l’établissement des actes de décès.

Suppression de deux secteurs

Le président de l’Ordre des médecins des Hautes-Alpes, le Dr Guy Bompar, n’a apprécié ni la mise en cause des professionnels ni la méthode. Selon le généraliste interrogé par Le Quotidien, cinq décès sont survenus le jour de Noël dans les Hautes-Alpes mais un seul a connu ces désagréments. Le responsable ordinal pointe du doigt la suppression, il y a deux ans, de deux lignes de gardes à Embrun et à Gap, décidée par l’agence régionale de santé de PACA pour faire des économies. « L’ARS a pensé que la maison médicale suffirait à répondre à la demande, explique le Dr Bompar. Or, les maisons médicales ne peuvent recevoir le corps des personnes décédées pour établir les certificats de décès. »

Une nouvelle réunion doit se tenir entre la préfecture, l’ARS et les médecins pour tenter de trouver une solution. Guy Bompar souhaite que l’ARS rétablisse les deux secteurs de garde supprimés. « Là où la permanence des soins est organisée, il n’y a pas de problème », conclut le généraliste.

 CHRISTOPHE GATTUSO
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 58 Commentaires
 
begu Médecin ou Interne 11.08.2015 à 18h02

« Face à ce petit problème récurent , je propose au médecin du 15 , de dire que la mort est suspecte et d'appeler la police pour contacter le procureur et de déclencher une autopsie : ils adorent ça , Lire la suite

Répondre
 
08.01.2014 à 18h51

« Et dans 5 ans, la situation démographique sera pire. Il suffira d'administratifs ou de délégation de cette tâche ingrate et chronophage aux IDE »

Répondre
 
06.01.2014 à 18h08

« Avec tout le respect que je vous dois Mr le Préfet, je vous juge indigne de votre fonction... »

Répondre
 
06.01.2014 à 10h13

« Le destinationataire "in fine" d'un certificat de décès est l'agent de l'état civile. Le 25 décembre !!! Notre société marche sur la tête. »

Répondre
 
06.01.2014 à 10h01

« Il faudra bien un jour repenser le système; comment fera le préfet lorsque aucun médecin n'exercera plus dans un périmètre de 50 kms à la ronde .Interdira t-il aux médecins résiduels du département Lire la suite

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Le vin, un alcool comme les autres ? L'Élysée désavoue Buzyn, les acteurs de la santé publique s'indignent

Vin

Le vin est-il un alcool comme un autre ? La polémique ne cesse d'enfler entre défenseurs de la santé publique et partisans du monde... 26

Recertification : rapport en septembre, les médecins libéraux furieux d'avoir été exclus du comité de pilotage

Un rapport sur la recertification des compétences des médecins sera rendu en septembre 2018 par une mission installée jeudi, annoncent les... 23

Plan de prévention de la radicalisation : les professionnels de la santé concernés

radicalisation

Le Premier ministre Édouard Philippe, accompagné notamment de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a dévoilé un plan national de prévention... 3

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter