Une aide-soignante mise en examen pour avoir administré un cocktail mortel à 9 résidents

Une aide-soignante mise en examen pour avoir administré un cocktail mortel à 9 résidents

13.12.2013
  • 1386943216483245_IMG_118835_HR.jpg

    Une aide-soignante mise en examen pour avoir administré un cocktail mortel à 9 résidents

Une aide-soignante d’une maison de retraite près de Chambéry a été écrouée jeudi pour avoir empoisonné neuf de ses pensionnaires, dont six mortellement, expliquant avoir voulu « soulager leurs souffrances ». La suspecte, mise en examen pour six empoisonnements et trois tentatives d’empoisonnement sur personnes vulnérables, a été placée sous mandat de dépôt, conformément aux réquisitions du parquet.

Les six décès sont intervenus depuis octobre au sein de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Le Césalet, à Jacob-Bellecombette (Savoie), qui dépend du centre hospitalier de Chambéry. Les victimes, originaires de la région, étaient des octogénaires « en bonne santé, avec les fragilités liées à leur âge », mais « elles n’étaient pas en fin de vie », a souligné la vice-procureure Dietlind Baudoin lors d’une conférence de presse.

L’aide-soignante, âgée de 30 ans et employée de l’EHPAD depuis l’été 2012, a reconnu devant la police judiciaire avoir administré « un cocktail de psychotropes » à neuf pensionnaires, dont trois ont survécu. Aucun autre cas d’empoisonnement n’est envisagé par les enquêteurs.

Placée en garde à vue mardi, la jeune femme était initialement soupçonnée d’avoir empoisonné une pensionnaire de 84 ans qui a sombré brutalement dans le coma le 27 novembre avant de mourir deux jours plus tard. Les médecins qui n’avaient retrouvé aucune cause médicale à la mort avaient demandé des analyses toxicologiques qui ont révélé un taux anormal de psychotropes. La direction du centre hospitalier de Chambéry avait alors alerté la justice. L’alerte est venue après « un cas particulièrement atypique » de décès d’une personne âgée que les médecins n’ont pas su expliquer, a indiqué le directeur de l’hôpital de Chambéry, Guy-Pierre Martin.

Des faits passibles de réclusion criminelle à perpétuité

Le cocktail de médicaments administré aux victimes semble toujours le même. Des expertises médicales et pharmacologiques sont en cours. Selon l’hôpital de Chambéry, aucun des produits retrouvés dans le sang de la vieille dame décédée le 29 novembre « ne faisait partie de la prescription pharmaceutique de cette résidente ». Après la découverte du premier empoisonnement, les médecins ont identifié « deux ou trois cas » similaires intervenus dans les semaines précédentes.

Bien notée par sa hiérarchie, la suspecte travaillait auparavant à l’unité de soin continu de l’hôpital de Chambéry. Les faits qui lui sont reprochés sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. « Cette affaire est une affaire considérable qui provoque un très fort traumatisme dans l’établissement », a affirmé le directeur de l’hôpital. L’établissement déposera plainte dans les prochains jours, a-t-il annoncé.

L’affaire de l’aide-soignante de Chambéry, mise en examen jeudi pour empoisonnement sur personnes vulnérables, rappelle l’affaire Christine Malèvre, une infirmière de Mantes-la-Jolie (Yvelines) condamnée à douze ans de réclusion criminelle en 2003 pour l’assassinat de six patients. Dès le début de l’enquête, en 1998, l’infirmière alors âgée de 29 ans avait en revanche déclaré que ses actes relevaient de « l’euthanasie », de « l’aide à mourir » de malades incurables, au service de pneumologie et neurologie de l’hôpital François-Quesnay de Mantes-la-Jolie où elle exerçait depuis trois ans.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 7 Commentaires
 
14.12.2013 à 16h02

« La ministre médecin et déléguée aux personnes âgées a déjà déclaré à la presse que tout était bien organisé et que le problème était la fragilité de l'aide-soignante. Circulez, il n'y a rien à voir. Lire la suite

Répondre
 
14.12.2013 à 15h29

« Comment le Dr Nicolas Bonnemaison a-t-il pu utiliser du curare pour tuer des patients aux urgences de l'hôpital de Bayonne alors que le curare n'a pas beaucoup d'indication à ma connaissance en deho Lire la suite

Répondre
 
14.12.2013 à 01h52

« Juste pour information, EHPAD peut se trouver dans un Centre Hospitalier. »

Répondre
 
13.12.2013 à 21h55

« Juste pour information à la journaliste : EHPAD = Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.
Ça n'est pas un Hôpital. »

Répondre
 
Stéphane L
Stéphane L La rédaction du Quotidien du Médecin 13.12.2013 à 23h20

« C'est juste. Merci de votre remarque. La rédaction. »

Répondre
 
14.12.2013 à 09h37

« Non mais dans le cas présent l'ehpad dépend de l’hôpital et les médicaments sont gérés par celui-ci par, sans doute, une pharmacie interne. Comment les aides soignantes ont accès aux médicaments ? »

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Les Généralistes CSMF planchent sur la démographie et contestent le « zonage » des ARS

Réunis en comité directeur, les Généralistes CSMF (ex-UNOF) ont décidé d'entamer un travail de fond sur leur projet politique, ciblé sur la... 1

Prendre en charge le burn-out : la HAS donne ses recommandations

burn out

En réponse à une saisine du ministère de la Santé au printemps 2016, la Haute Autorité de santé (HAS) rend publiques ses recommandations... 7

Le nouveau syndicat pour les infirmiers de bloc va consulter sur les conditions de travail

ibode

Depuis le 9 mai, les quelque 7 000 infirmiers diplômés d'État de bloc opératoire (IBODE) sont officiellement représentés par le Syndicat... Commenter

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter