Après le typhon Haiyan, l’aide commence à s’organiser

Après le typhon Haiyan, l’aide commence à s’organiser

12.11.2013
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    Après le typhon Haiyan, l’aide commence à s’organiser

« Ce que mon pays traverse est une folie. La crise climatique est une folie. Nous pouvons arrêter cette folie. Ici même, à Varsovie », a déclaré le principal négociateur des Philippines, Yeb Sano, lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est ouverte ce lundi à Varsovie, en Pologne. « Les typhons comme Haiyan et leur impact sont un triste rappel que nous ne pouvons plus nous permettre de tergiversations », a-t-il indiqué. Au cours des deux prochaines semaines, les 195 délégations présentent dans la capitale polonaise tenteront de se mettre d’accord sur les termes d’un traité sur les changements climatiques, qui pourrait être finalisé d’ici à 2015 et entrerait en vigueur en 2020. Yeb Sano, a exhorté la communauté internationale à se mobiliser.

« Nous nous attendons au pire »

Le passage vendredi du puissant typhon Haiyan, l’un des plus puissants à avoir jamais touché terre, accompagné par des vents dépassant les 300 km/heure et des vagues de plus de 5 mètres, a fait quelque 10 000 morts dans la seule ville de Tacloban, ont affirmé les Nations unies, selon un bilan provisoire. « Nous nous attendons au pire. Au fur et à mesure que l’accès à certains sites se débloque, nous découvrons toujours plus de morts », a prévenu John Ging, directeur des opérations du bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l’ONU.Certaines zones des deux îles les plus touchées, Leyte et Samar, offrent des spectacles d’horreur avec des villes quasiment rasées, des corps qui continuent à joncher les débris et une odeur de décomposition dans l’air.

Et les problèmes de logistique sont nombreux. Les véhicules de secours mettent trois heures pour parcourir les 11 km qui séparent l’aéroport de Tacloban du centre-ville. « La priorité des équipes de secours, une fois qu’elles sont en mesure d’avoir accès aux sites touchés, est de s’activer à enterrer les corps en raison des inquiétudes pour la santé publique », a encore expliqué le directeur des opérations, soulignant que les besoins en eau potable et en nourriture étaient immenses.

Appel aux dons

L’ONU qui a d’ores et déjà débloqué 25 millions de dollars de son fonds d’urgence doit lancer mardi un appel aux dons à hauteur de 301 millions de dollars (environ 225 millions d’euros). « Nous avons tous vu les images déchirantes des effets de cette énorme tempête », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un message destiné à soutenir l’appel aux dons. Pour appuyer l’intervention des autorités nationales, l’OMS a envoyé plus d’une vingtaine de spécialistes des secours d’urgence en santé ainsi que des kits d’urgence pour les premiers secours.

Face à l’ampleur de la catastrophe, la communauté internationale se mobilise et l’aide commence à s’organiser. La Commission européenne qui avait débloqué 3 millions d’euros va débloquer 10 millions supplémentaires. Les États-Unis, le Japon, l’Australie, le Royaume-Uni mais aussi la Corée du Sud ou la Chine ont annoncé de l’aide.

En France, le ministère des Affaires étrangères a annoncé l’envoi d’une dizaine de tonnes de matériel. Une réunion de concertation des principales associations et ONG humanitaires françaises est programmée cette semaine. Celles-ci ont déjà commencé à envoyer des équipes sur place. C’est le cas d’Action contre la faim qui a aussi affrété un avion avec du matériel. Une équipe de Médecins du monde est allée rejoindre les membres de l’organisation déjà sur place afin « d’évaluer les besoins », a expliqué Hugo Tiffou responsable du pôle Asie de l’association. Médecins sans frontières a également envoyé des équipes sur place ainsi que deux avions cargos qui « transporteront du matériel médical et logistique (notamment des tentes, des kits d’hygiène, du matériel nécessaire pour prendre en charge les blessés et effectuer des cliniques mobiles ainsi que des vaccins tétanos primordiaux dans ce type d’urgence ». L’évaluation de la situation sur place « est cruciale, explique Dounia Dekhili, responsable des urgences à MSF. C’est elle qui va conditionner l’ampleur de la réponse médicale et logistique à apporter ».

L’Unicef aussi a fait partir 60 tonnes de matériel de secours comprenant des aliments thérapeutiques pour les enfants, des kits médicaux et des trousses d’hygiène pour venir en aide à plus de 3 000 familles dans les zones touchées. Selon l’organisation, près de 4 millions d’enfants auraient été affectés par la catastrophe.

La Fondation de France ainsi que de nombreuses ONG et associations (la Croix-Rouge française, Médecins du monde, Action contre la faim, le Secours populaire français, l’Unicef...) ont également lancé des appels à la générosité des Français.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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