En Charente, l’ARS et les maires main dans la main pour trouver des médecins

En Charente, l’ARS et les maires main dans la main pour trouver des médecins

30.10.2013
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L’agence régionale de santé de Poitou-Charentes va achever en novembre une série de réunions consacrées aux thématiques de santé avec les maires de Charente. « Nous rencontrons tous les ans les maires de la région, explique le directeur de l’ARS, François-Emmanuel Blanc. C’est un moment de démocratie sanitaire efficace. »

Une trentaine d’élus ont ainsi participé à la dernière réunion organisée ce mardi à Champniers. À l’occasion de ces rencontres, l’ARS a présenté les dernières avancées sur le projet régional de santé (PRS), l’aménagement de la loi consacré aux soins psychiatriques sans consentement (104 personnes ont été internées l’an dernier en Charente sur demande d’un maire), ou encore la veille et la gestion des alertes sanitaires.

Inquiétudes

Invariablement, les discussions dérivent. « Les maires nous font part de leur inquiétude pour garantir une continuité des soins à la population », indique François-Emmanuel Blanc. Selon les dernières statistiques de l’Ordre des médecins, la Charente compte 459 généralistes et 408 spécialistes effectifs (de 53 ans de moyenne d’âge). En 2010, neuf installations ont été recensées dans le département. Ces 9 médecins étaient tous diplômés en Roumanie. « Notre département, à l’exception d’Angoulême et de Cognac, est rural et nous rencontrons des problèmes de désertification dans les pointes nord et le sud de la Charente », explique Jean-Michel Bolvin, président de l’Association départementale des maires.

Les jeunes renâclent

La situation est aujourd’hui telle dans certains bassins de vie que l’inquiétude grandit chez les édiles. « Les maires se sentent démunis, ils ne trouvent pas de moyens d’attirer les médecins et les dentistes dans leur secteur, explique Jean-Michel Bolvin, lui-même chirurgien-dentiste. Les nombreux dispositifs d’incitations financières (bourses d’études, revenus garantis dans le cadre du praticien territorial de médecine générale) sont intéressants mais elles ont leur limite. » À ce jour, 15 nouveaux contrats d’engagement de service public (CESP) ont été signés cette année et 6 PTMG sur les 10 prévus ont signé un contrat. Pour autant, cela ne suffit pas. « Malgré les aides, les jeunes médecins renâclent, poursuit M. Bolvin, maire de Saint-Amand-de-Montmoreau. Ils veulent travailler autrement que leurs aînés et leurs conjoint(e)s a peur de s’étioler à la campagne. »

Projets de maisons de santé

L’ARS et les maires réfléchissent de concert avec les conseils généraux et régionaux aux moyens de garder les internes formés sur leur territoire. Pour résoudre les problèmes de démographie médicale, plusieurs maisons de santé pluriprofessionnelles sont actuellement en projet à Chabanais, Chazelles, Nanteuil-en-Vallée... Le président de l’association des maires de Charente salue le « bon boulot » de l’agence. Il souligne que le département va aussi compter deux IRM supplémentaires (et passer de 3 à 5), qu’un service d’orthopédie articulaire a été implanté à Cognac...

Les pouvoirs publics espèrent que cette nouvelle approche de « proximité » saura séduire les candidats et les incitera à franchir le seuil de l’installation.

 CHRISTOPHE GATTUSO
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 17 Commentaires
 
14.12.2013 à 19h25

« Quand la population demande à travailler moins et toi tu te tapes 56 h à 60 heures par semaine sans compter compta, dossiers administratifs et actes gratuis( tel , ordo , conseils etc) en plus des e Lire la suite

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03.11.2013 à 11h58

« Il manque de médecin en centre de grandes villes, les jeunes ont peur de s'installer dans les conditions actuelles de rémunération/cotisations/administratif. Quand on passe plus de temps à compter q Lire la suite

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31.10.2013 à 20h00

« Les déserts peuvent être en pleine ville, le débat est tout autre, la responsabilité décrite par nos éminents en ce qui concerne l'exercice libéral fait un très grand mal, le salariat à 5 000 euros Lire la suite

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31.10.2013 à 15h39

« Continuez à mépriser les médecins et c'est sûr qu'ils ne vous feront pas de cadeaux au niveau installation. »

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30.11.2013 à 19h27

« C'est une grève qui ne dit pas son nom, c'est "la grève des installations", et tant qu'il y aura le mépris, le dénigrement, il n'y a aucune raison que cela ne change. »

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31.10.2013 à 15h07

« Les conjoints ne s'étiolent pas, ils veulent travailler, mais ce n'est pas possible dans une commune de 1000 habitants quand on a un diplôme d'ingénieur, on ne va pas non plus dans un bled où la pos Lire la suite

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