Un plan national sur la qualité de l’air intérieur bientôt annoncé

Un plan national sur la qualité de l’air intérieur bientôt annoncé

23.10.2013
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    Un plan national sur la qualité de l’air intérieur bientôt annoncé

Les deuxièmes assises nationales de la qualité de l’air, organisées à la cité des Sciences et de l’industrie, ces 23 et 24 octobre 2013, par les ministères de la Santé et de l’Écologie, en partenariat avec l’ADEME, ont été l’occasion de faire le bilan des connaissances actuelles sur les effets sanitaires, alors que le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) vient de classer la pollution atmosphérique dans le groupe 1 des agents cancérogènes.

Comme l’a rappelé Isabelle Momas, épidémiologiste à l’Université Paris Descartes, les particules polluantes sont extrêmement complexes et très différentes en terme de source, de taille, et d’effets. Ces derniers dépendent en partie de la dimension des particules fines, les plus grosses (de plus de 10 µm -PM10) se déposant davantage dans les voies supérieures, celles comprises entre 2,5 et 10 µm restant dans les poumons, et les plus petites allant jusque dans la circulation sanguine, voire aux autres organes, tout en stagnant aussi dans les voies supérieures. « On s’interroge même sur un éventuel passage de la barrière alvéolaire », précise la toxicologue Francelyne Marano, de l’Université Paris Diderot.

Des effets bien connus

Les effets bien connus sont d’ordre cardiovasculaire et respiratoire, mais récemment, des incidences sur la santé reproductive, le système neuro-comportemental, et la cancérogenèse ont été observés. « Ce sont des effets sans seuils, repérable dès l’exposition à l’air ambiant », insiste Isabelle Momas.

Les chercheurs s’intéressent également à l’air intérieur, « qui contient des particules fines de cheminée, des composés chimiques, des particules issues de la combustion, des contaminants biologiques, des produits du tabagisme passif...qu’on ingère de façon répétée », poursuit-elle.

Certes des inconnues demeurent et la recherche s’oriente, d’après l’épidémiologiste, sur les interactions doses-réponses, les effets à long terme, et les effets cocktails.

« Mais on en sait assez pour agir, pour demander la réduction des émissions des particules fines et la diminution de l’exposition des populations », affirme Isabelle Momas. Les dernières conclusions du CIRC qui classent la pollution atmosphérique et la matière particulaire dans le groupe 1 des agents susceptibles d’accroître le risque de cancer chez les hommes, ont aussi contribué à renforcer le niveau de preuve.

Action intégrée

Les autorités ne nient pas la nécessité d’agir. « L’action commence par la connaissance théorique, grâce aux agences, et à la surveillance. Ensuite il faut agir pour abaisser les seuils », reconnaît Laurent Michel, directeur général Énergie et Climat au ministère de l’Écologie.

Et d’insister sur la nécessité d’une action « intégrée » dans toutes les politiques publiques : bâtiments, agriculture, transports, au niveau national et territorial. Un plan national sur la qualité de l’air intérieur devrait être rendu public par les ministères de la Santé et de l’Écologie « sous peu » a-t-il annoncé.

L’administrateur se veut confiant y compris vis-à-vis de l’Europe, dont la Cour de justice a placé la France sous le coup d’une procédure de contentieux pour les particules PM10 et pour le dioxyde d’azote. « Des progrès sont possibles et nous avons besoin de l’Europe pour tracer des cadres et nous accompagner », estime Laurent Michel.

Les médecins démunis

Mais sur le terrain, la prise de conscience et l’information du public ne semblent pas encore acquises. « La plupart de mes patients viennent me voir car ils souffrent à répétition de problèmes ORL mais ils ne font pas le lien avec la pollution », témoigne le Dr Gauthier Desmarchelier, généraliste.

Lui-même se dit démuni. « J’utilise les alertes sanitaires et Air Parif, que je croise avec la météo. Mais en tant que médecin, nous n’avons pas d’outils, ni de traitement. Nous ne sommes pas non plus formés », estime-t-il.

« C’est tous les professionnels qu’il faut former pour avoir une approche intégrée : les architectes, les urbanistes, les soignants... Mais l’État est sourd à l’égard de nos demandes », répond José Cambou, de France Nature Environnement.

 COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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