En direct de l’ASCO : l’immunothérapie prend sa place dans les mélanomes avancés

En direct de l’ASCO : l’immunothérapie prend sa place dans les mélanomes avancés

03.06.2013
  • asco

    En direct de l’ASCO : l’immunothérapie prend sa place dans les mélanomes avancés

Les anticorps monoclonaux apparaissent au devant de la scène dans les traitements des cancers métastasés résistants aux stratégies traditionnelles. Plusieurs communications au congrès de l’ASCO, qui se déroule du 31 mai au 4 juin à Chicago, font état des progrès en cours dans le traitement du mélanome métastasé ou dans sa localisation uvéale.

Le GM-CSF améliore l’efficacité et la tolérance de l’ipilimumab dans les formes métastasées

L’arrivée de l’ipilimumab (Yervoy) a représenté un double événement pour la prise en charge du mélanome métastasé mais aussi pour la naissance de l’immunothérapie, très présente lors de l’ASCO 2013 (1).

Mais, alors que la concurrence se développe, l’ipilimumab a reçu un renfort un peu inattendu du GM-CSF (2) dont la mission première est de stimuler la production leucocytaire chez les patients anémiés.

En effet, une étude portant sur 245 patients a montré que l’adjonction du GM-CSF à l’ipilimumab (10 mg/kg) fait passer le taux de survie à un an de 52,9 à 68,9 %.

Au terme d’un suivi médian de 13,3 mois, le risque de décès est réduit de 35 % dans le groupe recevant l’association.

Par ailleurs, le Dr S. Hoaï (Boston) note que si la tolérance n’est pas statistiquement significative dans les deux groupes, on observe une tendance à une diminution de la toxicité notamment pulmonaire et gastro-intestinale, avec l’association.

Récepteur PD-1 : une nouvelle cible pour l’immunothérapie

Après avoir commercialisé l’ipilimumab, BMS a présenté les résultats préliminaires mais très prometteurs du nivolumab, monoclonal qui bloque le récepteur PD-1, exprimé par les cellules T activées et qui s’avère être un véritable « checkpoint » inhibant la réponse immunitaire (3).

L’étude présenté a porté sur 107 cas sévères, évoluant malgré des traitements classiques (25 % de ces patients avaient reçu au moins 3 traitements). Testé à 5 doses différentes, le Nivolumab entraîne une diminution d’au moins 30 % du volume tumoral chez 39 patients (31 %). La survie globale est de 16,8 mois et même de 20,8 mois à la dose de 3 mg/kg qui a été retenue pour les essais de phase III.

Un taux de survie très supérieur à celui observé avec les traitements les plus récents du mélanome métastasé, laissant espérer un nouveau progrès. Ce qui reste à confirmer par des essais contrôlés et/ou comparatifs, a conclu le Pr Mario Sznol (New Haven, Connecticut).

Mélanome de l’uvée : les promesses d’une anti-MEK

Le mélanome de l’uvée est un cancer très rare (2 000 cas diagnostiqués par an aux États-Unis) mais très difficile à traiter (survie de 9 à12 mois, même en cas de diagnostic précoce). Le temozolomide (TMZ), traitement le plus utilisé, donnant de très mauvais résultats à ce niveau.

D’où l’intérêt des résultats préliminaires du sélumetinib (AstraZeneca), nouvel inhibiteur de MEK, ciblant les mutations Gnaq et Gna11 présentes chez 85 % des malades.

Dans le cas d’un essai de phase II portant sur 98 patients, on observe une réduction du volume tumoral dans 50 % des cas (15 % de réductions majeures) alors qu’on n’observe aucune amélioration majeure sous TMZ. La survie sans récidive (PFS) augmente significativement, passant de 7 à 15,9 semaines. Par contre, la survie globale et la tolérance ne sont pas significativement différentes.

Le selumatinib a également fait l’objet d’une autre étude encourageante, en première ligne et en association avec la dacarhazine, dans le traitement des mélanomes évolués avec mutations BRAF : là encore, on enregistre une amélioration significative de la PFS mais pas de la survie globale, versus dacarhazine seule.

ASCO : miroir aux alouettes

Toutefois... Dans le temple de l’innovation et du progrès, les résultats d’une enquête auprès de 250 oncologistes américains a de quoi faire réfléchir : 83 % déclarent ne pas pouvoir respecter les nouveaux « guidelines » pour des raisons financières, 78 % doivent recourir à d’autres traitements que ceux préconisés, 43 % avouent devoir différer certains traitements, 20 % doivent diminuer la posologie.

Bien sûr, tout va mieux en France ! N’empêche qu’on aimerait disposer de données plus précises sur l’accès à l’innovation thérapeutique dans la vraie vie. Bien sûr, dans les grands centres mais aussi dans tous ceux qui prennent en charge la majorité des patients.

(1) Étude réalisée avec le soutein du National Cancer Institute, de Sanofi et de BMS

(2) GM-CSF : Granulocyte-macrophage colony-stimulating factor

(3) Étude financée par BMS

 Dr ALAIN MARIÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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