Les antidépresseurs sérotoninergiques, à surveiller en périopératoire

Les antidépresseurs sérotoninergiques, à surveiller en périopératoire

02.05.2013
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Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont associés avec un risque accru de complications périopératoires selon une étude publiée dans le « Jama Internal Medicine ». L’analyse rétrospective porte sur pas moins de 530 000 patients âgés de plus de 18 ans hospitalisés dans 375 hôpitaux américains. Les patients recevant ces sérotoninergiques étaient plus souvent obèses, atteints de pathologie pulmonaire chronique ou d’hypothyroïdie (p < à 0,001 pour chaque pathologie) et dépressifs (41 % versus 6,2 %, p < à 0,01). Chez les patients recevant cette classe thérapeutique, la mortalité hospitalière est plus élevée (RR : 1,20 ; IC 95 %, 1,07-1,36) ainsi que le risque hémorragique (RR : 1,09) et le taux de réadmission à 30 jours (RR : 1,22 ; 1,18-1,26). L’analyse par score de propension donne les mêmes résultats.

Toutefois, dans un commentaire associé, le Dr Marko Mrkobrada remarque « qu’il existe une littérature de plus en plus abondante montrant une dérive des prescriptions hors contexte psychiatrique de ces antidépresseurs. Leur gestion en périopératoire s’avère difficile, poursuit l’auteur, mais leur arrêt brutal peut générer un syndrome de sevrage associant des symptômes à type de nausées, de vomissements, de tachycardie ».

Le nombre de patients inclus dans cette analyse est très important mais lorsqu’on s’en tient aux sous-groupes de patients dépressifs, le surrisque de mortalité s’annule (RR : 1), ce qui peut laisser penser qu’il est peut-être lié au fait que les patients recevant ces antidépresseurs présentent un état de santé général global plus mauvais.

Finalement, insiste le Dr Marko Mrkobrada, cela aura-t-il une incidence en pratique ? Pas forcément dans la mesure où le risque absolu pour le patient reste très faible. Cette étude incite non seulement à garder ces molécules dans leur indication mais aussi les anesthésistes et chirurgiens à être vigilants.

Perioperative Use of Selective Serotonin Reuptake Inhibitors and Risks for Adverse Outcomes of Surgery. Jama Internal Medicine, 29 avril

Dr A. T.
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
FREDERIC M Médecin ou Interne 03.05.2013 à 06h58

« A l'heure actuelle en France, une telle étude qui conclut que le risque s'annule aboutirait à la suspension de tous les antidépresseurs accusés à tort !!!! »

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