Vivre dans l’espace affaiblirait le système immunitaire

Vivre dans l’espace affaiblirait le système immunitaire

24.04.2013

Les périodes prolongées dans l’espace présentent des risques pour la santé, affaiblissant le système immunitaire et la capacité du corps à éliminer des cellules cancéreuses, confirment de nouvelles recherches.

De longs séjours en apesanteur diminuent également la densité osseuse et atrophie les muscles, des phénomènes déjà bien connus. Mais « l’affaiblissement du système immunitaire en apesanteur mérite des recherches plus étendues », juge Marti Jett, directrice du programme des Systèmes biologiques intégrés au commandement médical de l’Armée de Terre américaine.

« En même temps les bactéries voient leur virulence augmenter » en apesanteur, ce qui explique pourquoi les plaies guérissent difficilement dans l’espace. Pour tenter de comprendre le mécanisme moléculaire et génétique derrière ce phénomène, elle a effectué avec Rasha Hammamieh, directrice adjointe de ce programme, une expérience avec des cellules humaines et une toxine virulente présente dans de nombreux pathogènes appelée Lipopolysaccharides (LPS) à bord d’un des derniers vols de la navette spatiale américaine en 2011.

Dysfonctionnement immunitaire

Après six jours dans l’espace en microgravité, les astronautes à bord ont soumis ces cellules au LPS. Mais avant cela, les cellules montraient déjà des caractéristiques génétiques typiques d’un dysfonctionnement immunitaire en apesanteur, indiquent ces chercheurs.

« Quand ces cellules ont été confrontées au LPS, responsable sur Terre de chocs sceptiques, elles n’ont pas très bien répondu », explique Marti Jett. « Ces cellules étaient tellement occupées à réagir à l’absence de gravité qu’elles pouvaient à peine lutter contre les pathogènes », ajoute-t-elle.

Cette étude a été dévoilée lundi à la conférence de "Experimental Biology" à Boston (Massachusetts, nord-est). Cette réaction rappelle celle des cellules immunitaires de soldats des forces spéciales américaines soumis au stress pendant un entraînement intensif, relève Marti Jett.

Arthrite, tumeurs et risque de dégénérescence neurologique

Ces chercheurs, dont l’étude a été publiée en 2012 dans la revue Genes and Immunology, avaient pris des échantillons de sang de ces soldats au début, pendant et à la fin de l’exercice, les testant à chaque fois avec des bactéries pour déterminer si des situations de combat affectaient le système immunitaire. « Ces soldats ne répondaient pas du tout à ces agressions bactériennes durant cet exercice... une faiblesse immunitaire similaire à celle qui se produit dans l’espace », souligne Mati Jett.

La microgravité altère aussi la régénérescence des vaisseaux sanguins et active les gènes impliqués dans l’arthrite et la croissance des tumeurs, précisent ces chercheurs. Être dans l’espace pourrait aussi accroître le risque de dégénérescence neurologique et d’autres problèmes liés à l’absence de gravité.

Par ailleurs deux études financées par la Nasa publiées le 10 avril et menées par le Centre du Cancer de la faculté de médecine de l’Université de Georgetown à Washington, révèlent que dans l’espace les radiations cosmiques bloquent la capacité des cellules intestinales de souris à éliminer certaines protéines qui augmentent nettement le risque de développer un cancer du colon.

Accélération du vieillissement

Ainsi « des séjours prolongés dans l’espace telle une mission vers Mars et des missions dans la Station spatiale internationale pourraient entraîner une accumulation des radiations émises par les rayons cosmiques chez les astronautes, un risque important pour leur santé à long terme », estime le Dr Kamal Datta du centre du Cancer Lombardi, un des auteurs de cette recherche. « Être dans l’espace est stressant » et accélère le vieillissement, commente le Dr Saralyn Mark, consultante médicale de la Nasa et auteur du livre « Médecine stellaire ». « Les astronautes font le tour de la Terre toutes les 90 minutes dans la Station spatiale, boulerversant leurs rythmes circadiens de veille et de sommeil, et tout cela avec une énorme charge de travail », ajoute-t-elle.

Avec AFP
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
24.04.2013 à 10h01

« Mais non, ces scientifiques s'inquiètent pour rien ! Avec la théorie de la relativité, le temps ne s'écoule pas comme sur terre. C'est donc ridicule de parler de vieillissement : un voyage d'un an c Lire la suite

Répondre
 
24.04.2013 à 13h04

« Pas exactement, cette perception "d'écoulement relatif du temps",ne pourrait etre vécue que par un organisme déplacé à une vitesse proche de celle de la lumière.
Performance que ne permettra vraisse Lire la suite

Répondre

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