Antennes relais : l’Académie met en garde contre un abus du principe de précaution

Antennes relais : l’Académie met en garde contre un abus du principe de précaution

10.01.2013
  • 1357835563401071_IMG_96730_HR.jpg

Réagissant à la proposition de loi déposée le 1er octobre dernier par Jean-David Ciot, député PS, et relative notamment à la prévention des risques pour la santé de l’exposition aux ondes électromagnétiques, l’Académie nationale de médecine met en garde contre l’utilisation abusive du principe de précaution. En effet, l’Académie « regrette une initiative fondée sur un flou scientifique et réglementaire qui, ne pouvant se prévaloir en dernier recours que du principe de précaution, est de nature à renforcer artificiellement chez nos concitoyens un sentiment de peur et de défiance injustifié, mais préjudiciable en terme de santé publique ».

Rectifier erreurs et imprécisions

Dans la perspective d’un débat parlementaire sur le sujet, l’Académie souhaite « que les arguments scientifiques ne soient pas encore une fois occultés ou déformés ». C’est pourquoi, elle tient à rappeler la position de l’institution et « à rectifier, références à l’appui, les erreurs et imprécisions contenues dans cette proposition de loi ».

L’Académie souligne, en particulier, que le classement en « possiblement cancérigène » (2B) par le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC) « ne concerne pas les antennes relais mais les portables ». Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 000 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables. « Être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que téléphoner avec un portable 30 secondes », précise l’Académie.

Par ailleurs, « on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d’énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé », précise-t-elle dans un communiqué. L’Académie se fonde pour cela sur le rapport publié en 2009 par l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale et au travail (AFSSET devenu ANSES). En particulier, « aucune preuve n’existe à ce jour que l’utilisation régulière de téléphone mobile augmente le développement de cellules cancéreuses ou pré-cancéreuses et n’augmente ainsi, du fait de ce mécanisme de promotion, le risque de tumeur intracrânienne », insiste le communiqué.

Le rapport de l’AFSSET concluait alors : « Au vu de l’analyse détaillée et critique des travaux effectuée par le groupe de travail et compte tenu par ailleurs de l’état antérieur des connaissances, aucune preuve convaincante d’un effet biologique particulier des radiofréquences n’est apportée pour des niveaux d’expositions non thermiques. »

Un rapport contesté

Selon les données de l’AFSSET, la proposition parlementaire d’abaisser le seuil maximal d’exposition aux ondes électromagnétiques à 0,6 volt par mètre, « n’a aucune justification scientifique ».

L’Académie rappelle que ces conclusions ont été partagées par d’autres expertises collectives comme celles de l’OMS ou de l’OPECST. L’AFSSET récusait déjà les conclusions du rapport BioInitiative de 2007 qui, soulignait l’Agence.

Dans un nouveau rapport publié il y a quelques jours, le groupe d’experts de BioInitiative a passé en revue 1 800 études pour conclure à un risque pour la santé des ondes électromagnétiques même à des doses non thermiques notamment sur le développement des cancers ou encore dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Le nouveau rapport BioInitiative recommande lui aussi un abaissement des seuils d’exposition.

 Dr L. A.
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
11.01.2013 à 17h08

« Ne faudrait-il pas mettre en garde l'Académie contre l'abus de conflit d'intérêt et lui demander de lire les études dans un esprit ouvert et scientifique. »

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Dans la Manche, un maire fait face au désarroi des habitants privés de généralistes

manche

« Nous sommes dans une situation plus que tendue ». Jean-Pierre Lhonneur, maire de Carentan-les-Marais (Manche) depuis 2008, est quelque peu... 12

Poses de prothèses en chirurgie ambulatoire : l'AP-HP marque des points

hanche prothese

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonce la réalisation de deux poses de prothèse (totale de hanche et unicompartimentale... 9

Éléments en faveur d'une maladie de Lyme chronique, d'après des travaux chez le singe

lyme

Alors qu'en France un protocole de diagnostic et de soins est en cours de rédaction à la Haute Autorité de santé (HAS), les controverses... 4

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter