Fronde médicale contre 150 millions de coupes sombres à l’AP-HP

Fronde médicale contre 150 millions de coupes sombres à l’AP-HP

09.01.2013
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Nouveau coup de chauffe entre les médecins et la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en raison du tour de vis budgétaire qui se profile en 2013. Le retour à l’équilibre financier du premier hôpital de France, non atteint en 2012, devra l’être en 2014 : ainsi en ont décidé les tutelles. Pour tenir l’objectif, le CHU francilien doit comprimer ses dépenses tous azimuts.

Mireille Faugère, la directrice générale, réfléchit à différentes pistes : transferts d’activités, mutualisations de plateformes médico-techniques, optimisation du circuit des urgences, amélioration du codage et de la facturation, réorganisation des blocs, développement de la chirurgie ambulatoire... Au total, 150 millions d’euros devront être économisés cette année. « Une saignée » inacceptable, s’emporte le Pr Bernard Granger, psychiatre à Cochin et porte-parole du mouvement de défense de l’hôpital public.

Quatre années d’efforts

La direction de l’AP-HP tempère en affirmant que rien n’est à ce jour arbitré : le budget 2013, en cours de préparation, fera l’objet d’une concertation dans les prochaines semaines. Voilà qui ne suffit pas à calmer les inquiétudes, et même la colère, du président de la Commission médicale d’établissement (CME) du CHU : « On sort de quatre années d’efforts, ça suffit! », tempête le Pr Loïc Capron, « vent debout » contre ces 150 millions d’euros d’économies attendues.

Les dépenses en personnel médical devront notamment être réduites de 4 millions, soit 36 équivalents temps plein de praticiens hospitaliers en moins. « Comment peut-on nous demander toujours plus d’activité en réduisant le nombre de PH ?, questionne le Pr Capron. De deux choses l’une. Ou l’AP-HP assume au grand jour que la qualité des soins sera dégradée, et les citoyens jugeront. Ou l’on nous donne les moyens de travailler correctement ».

Économies sur le dos des soignants

L’ambiance promet d’être animée ce jeudi aux vœux institutionnels de l’AP-HP. Le directeur général de l’ARS d’Ile-de-France, Claude Évin, sera présent. Le président de la CME n’entend pas mâcher ses mots à l’occasion du discours officiel : « Pourquoi toujours demander des économies sur le dos des soignants et des médecins qui font tourner les hôpitaux actifs ? Pourquoi ne pas fermer des hôpitaux qui devraient l’être ? On maintient pour des raisons politiques l’hôpital Joffre-Dupuytren, à Draveil, avec lequel on ne peut plus faire grand-chose. Et que dire de l’Hôtel-Dieu... Le transformer évite de dire au maire [de Paris] qu’on le ferme, mais j’ai de sérieux doutes sur le projet ».

La CME s’est réunie mardi pour étudier le plan d’économies esquissé par la direction. La réaction de rejet a été unanime. Le président de la CME entend saisir le patron de l’ARS, voire la ministre de la Santé directement, pour obtenir un relâchement de la pression budgétaire. L’AP-HP, malgré un « léger redressement », reste en situation financière « très fragile » en raison de son endettement qui s’élève à 2,4 milliards d’euros, selon une note de Mireille Faugère datée de la mi-décembre.

DELPHINE CHARDON
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 6 Commentaires
 
19.01.2013 à 12h28

« Les économies des hôpitaux publics doivent être faites sur le secteur administratif trop abondant et qui travaille 35h et non sur le dos de tout le personnel soignant qui dépasse largement le temps Lire la suite

Répondre
 
10.01.2013 à 12h26

« Fermons les établissements qui doivent l'être, supprimons de nombreux postes bureaucratiques et de direction (leur impéritie et leur propre auto-satisfaction), SUPPRIMONS les 35 HEURES monsieur HOLL Lire la suite

Répondre
 
10.01.2013 à 10h04

« Réduire les postes HP, réduire la dépense de ville, crier au désert médical : l'insoutenable d'une politique à visière. Oui, Pompidou a eu raison : la révolution pourrait venir des médecins mais ava Lire la suite

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10.01.2013 à 09h50

« Rappelons cette réflexion de Georges Pompidou prédisant que s'il doit y avoir un jour une révolution en France, elle viendrait des médecins. Le climat général est mauvais, notamment du fait de la pa Lire la suite

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09.01.2013 à 22h28

« L'hôpital n'arrive pas à économiser assez, le libéral économise mais se fait quand même taper dessus... on est mal... »

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