En Afrique, les hommes répondent moins bien au traitement antirétroviral

En Afrique, les hommes répondent moins bien au traitement antirétroviral

28.11.2012
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    En Afrique, les hommes répondent moins bien au traitement antirétroviral

Les hommes infectés par le VIH réagissent moins bien que les femmes aux traitements antirétroviraux en Afrique selon une étude publiée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD). L’étude a été conduite en collaboration avec Épicentre, une association créée par Médecins sans frontières (MSF) à partir de 4 programmes de l’association. Les chercheurs ont étudié l’évolution du taux de lymphocytes (TCD4) chez plus de 13 000 patients pris en charge dans les programmes de Médecins sans frontières France au Malawi, en Ouganda et au Kenya. Les résultats montrent que les femmes ont récupéré en moyenne par an 20 cellules immunitaires par microlitre de sang de plus que les hommes pendant les six années de suivi. « Les hommes mettent donc plus de temps à atteindre le seuil de 500 cellules par microlitre de sang au-dessus duquel la morbidité et la mortalité dues au sida sont moins élevées », soulignent les chercheurs.

Une différence biologique

Les auteurs expliquent que les hommes atteints de sida craignent davantage que les femmes d’être stigmatisés en cas de découverte d’une séropositivité. Ils se font donc dépister plus tardivement et sont traités à un stade avancé de la maladie. « Non seulement les hommes démarrent souvent le traitement avec un niveau de ces cellules plus faible, mais en plus leur organisme réagit moins vite aux antirétroviraux », soulignent les auteurs. En effet, selon eux, la différence entre hommes et femmes peut s’expliquer par une plus faible observance des traitements antirétroviraux par les premiers mais elle peut aussi refléter une différence biologique. « Les hommes possèdent en effet des niveaux de lymphocytes TCD4 physiologiquement inférieurs à ceux des femmes. De plus, les hormones mâles auraient un effet négatif sur la fonction du thymus, glande impliquée dans la maturation des cellules immunitaires », avancent-ils.

Une attention soutenue

« Bien que les femmes présentent une plus grande vulnérabilité face à la contamination, les hommes doivent donc faire l’objet d’une attention soutenue », poursuivent-ils.

Plus de 34 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le virus du sida dans le monde, dont 75 % en Afrique sub-saharienne. Les femmes sont plus particulièrement touchées et représentent plus de 60 % des malades sur le continent. Environ 1,7 million de personnes sont mortes du sida dans le monde en 2011, dont 1,2 million en Afrique sub-saharienne, selon les dernières statistiques d’ONUSIDA.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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