Couverture vaccinale : manque de données chez l’adulte, objectifs non atteints chez l’enfant

Couverture vaccinale : manque de données chez l’adulte, objectifs non atteints chez l’enfant

20.11.2012
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    Couverture vaccinale : manque de données chez l’adulte, objectifs non atteints chez l’enfant

L’Institut de veille sanitaire publie aujourd’hui le rapport « Mesure de la couverture vaccinale en France ». Ce rapport permet, pour la première fois, de dresser un état des lieux des données disponibles dont les plus récentes à partir de la compilation des sources les plus appropriées par classe d’âge.

« Sans données, on ne peut ajuster la politique vaccinale », souligne Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique adjoint à la directrice générale de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Depuis la loi du 9 août 2004 relative à la santé publique, l’institut a pour mission de suivre et d’évaluer la couverture vaccinale pour tous les vaccins inclus dans le calendrier vaccinal. Chez l’enfant et l’adolescent, la couverture vaccinale peut être estimée à partir des certificats de santé (0-2 ans), des enquêtes du cycle triennal en milieu scolaire (2-15 ans), et de l’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) de l’assurance-maladie – les remboursements de vaccin permettent plus de réactivité en cas de modification des recommandations.

Vers un carnet de vaccination électronique ?

Chez l’adulte, en revanche, « il n’existe pas de système de recueil de données de routine », précise Jean-Paul Guthman, coordinateur du programme d’évaluation et de suivi de la couverture vaccinale, un des auteurs du rapport. Les remboursements des vaccins sont une source moins pertinente. « Contrairement aux enfants qui à 95 % se font vacciner en médecine libérale, les vaccinations chez l’adulte sont réalisées dans le cadre de la médecine du travail, dans les centres de vaccination publics ou pour les voyageurs qui ne font pas l’objet d’un remboursement », précise Jean-Paul Guthman. Le rapport suggère quelques pistes pour améliorer le dispositif, comme la saisie du statut vaccinal par le médecin traitant lors d’une consultation (DMP), une nouvelle génération de carte vitale ou le carnet de vaccination électronique tel que le développe le site mesvaccins.net (http://www.mesvaccins.net).« L’outil existe déjà et a été développé par le groupe d’action en vaccinologie du Pr Jean-Louis Koeck, à Bordeaux. Son utilisation dans le cadre de l’évaluation de la couverture vaccinale est en cours d’évaluation », souligne Jean-Paul Guthmann.

Les objectifs ne sont pas atteints

Les données validées les plus récentes ont permis de dresser un tableau pour chacun des vaccins du calendrier : « En 2012, les objectifs de couverture vaccinale fixés par la loi de santé publique n’étaient pas atteints pour la plupart des vaccinations », soulignent Jean-Paul Guthmann et les deux autres coauteurs, Laure Fonteneau et Daniel Lévy-Bruhl.

Seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP), la coqueluche et lhaemophilus influenzae b échappent à ce constat. « La couverture dépasse 98 % pour la primo-vaccination 3 doses chez l’enfant », fait observer Jean-Paul Guthmann.

Dans le cas du vaccin HPV chez la jeune fille, du rappel coqueluche de l’adolescence, de la première dose pour le RRO (rougeole-rubéole-oreillons) et des rappels DTP décennaux de l’adulte, la couverture reste insuffisante mais stable.

BCG, un cas à part

Le BCG chez les enfants à risque de tuberculose constitue un cas à part du fait des modifications récentes de la politique vaccinale pour ce vaccin (fin de l’obligation vaccinale en 2007 et vaccin recommandé pour tous les enfants en Ile-de-France et en Guyane). Les données provisoires en Ile-de-France permettent d’estimer une couverture vaccinale régionale à 9 mois à 79 % chez les enfants nés en 2010, en progression par rapport à l’année précédente (76 %). Concernant l’impact de la nouvelle politique vaccinale, « il n’a pas été observé d’augmentation des cas graves de tuberculose (méningites...) », précise Jean-Paul Guthmann.

Des couvertures vaccinales faibles mais cette fois en progression sont observées pour la deuxième dose de RRO (62 % contre 30 % en 2006 à 2 ans pour une cible à 80 %), l’hépatite B (66 % à 2 ans contre 30 % jusqu’en 2008), le vaccin antiméningocoque C introduit en 2010 (51 %), le vaccin pneumocoque conjugué. Pour ce dernier vaccin, la forte progression observée récemment laisse espérer l’atteinte prochaine de l’objectif de santé publique d’un niveau de couverture à 24 mois d’au moins 95 %. La couverture vaccinale contre la grippe saisonnière évaluée à 54 % en 2011 reste « insuffisante et en baisse » (63 % en 2008 et 2009 pour une cible de 75 %).

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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