Accès aux urgences en moins de 30 minutes : Marc Giroud condamne les « fausses bonnes idées »

Accès aux urgences en moins de 30 minutes : Marc Giroud condamne les « fausses bonnes idées »

13.09.2012
  • 1347547478370844_IMG_89194_HR.jpg

    Accès aux urgences en moins de 30 minutes : Marc Giroud condamne les « fausses bonnes idées »

C’est lors des premières assises de l’urgence, organisées jeudi à Paris par le syndicat SAMU-Urgences de France, que le Dr Marc Giroud, devant un parterre de médecins très attentif, a étrillé avec soin les propositions avancées ces derniers mois pour assurer à tous l’accès « à moins de trente minutes » à une structure d’urgence. Si le président de SAMU-Urgences de France dit « bien entrer dans la logique » de cet engagement « sage et courageux » pris par le président de la République François Hollande, il dénonce aussi les « fausses bonnes idées » qui « reviennent comme un leitmotiv » sur le sujet et qui ont amené les urgentistes à réagir.

Selon le Dr Giroud, trois types de personnes avancent régulièrement « des certitudes et des mesures qu’ils croient bonnes » :

• Les jusqu’au-boutistes

« Ceux-là veulent couvrir le territoire d’une structure d’urgence de proximité tous les 20 kilomètres, même jusqu’au fin fond de l’Auvergne ». Problème : le coût élevé d’une telle mesure et la difficulté à trouver les fonds nécessaires à sa réalisation en cette période de vaches maigres. Une proposition un brin utopique, donc.

• Les pragmatiques

« Eux veulent des soins d’urgence sur trois niveaux. Pour les gens des villes, des soins médicaux d’urgence spécialisés ; pour les patients hors de portée de ces soins, d’autres soins non spécialisés ; pour les patients les plus éloignés enfin, des soins infirmiers ». Le Dr Giroud n’est pas tendre pour les adeptes de cette proposition. « Ces soins gradués sont en fait des soins dégradés », explique-t-il. En proposant que les campagnes reculées aient seulement accès à des infirmières, « on sort du champ de l’éthique et on tombe même sous le coup de la loi », juge le médecin. Et de rappeler la loi Kouchner (du 4 mars 2002), relative aux droits des malades qui interdit toute discrimination en matière de santé.

• Les modernistes

« Avec le téléphone et la télémédecine, les modernistes proposent un accès aux soins d’urgence non pas en 30, mais en 1 minute », raille le Dr Giroud. Pour lui, la régulation médicale n’est pas la réponse unique au problème de l’accès aux soins d’urgence, mais « un bon complément ». Considérer « une prise en charge par un urgentiste au téléphone comme suffisante » relève de « l’imposture », conclut-il.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 2 Commentaires
 
14.09.2012 à 19h30

« Comme d'habitude rien, on parle !!!!!! »

Répondre
 
14.09.2012 à 09h09

« OK je suis d'accord, mais alors on fait quoi ? »

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Journée contre l'abus de drogue : le cannabis reste le produit illicite le plus consommé en France

cannabis

À l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues de ce lundi 26 juin, l'Observatoire français des drogues et... Commenter

Le nombre d’IVG continue de baisser, légèrement, en France

ivg

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) s’élevait à 211 900 en France en 2016, en légère baisse pour la troisième année de... 2

Après « la honte de l’ECNi 2017 », le Pr Bergmann prône « une solution simple et efficace »

Pr Bergmann

« Plus jamais ça ». Quelques jours après l’énorme raté des épreuves classantes nationales informatisées (ECNi), obligeant plus de 8 000 étud... 13

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter