Traitement des cancers : sortir du dogme de l’organe

Traitement des cancers : sortir du dogme de l’organe

11.09.2012
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    Traitement des cancers : sortir du dogme de l’organe

L’essai SHIVA a pour objectif de valider le concept selon lequel l’administration d’une thérapie ciblée fondée sur le profil moléculaire de la tumeur peut améliorer le devenir des patients en situation métastatique en échappement thérapeutique. L’idée est de sortir du dogme de l’organe.

« Jusqu’à présent les anomalies recherchées dépendaient de la localisation tumorale initiale. Dans l’essai SHIVA, nous changeons totalement d’approche en recherchant systématiquement chez les patients toutes les anomalies biologiques pour lesquelles il existe des thérapies ciblées et, ce, quelle que soit la localisation de leur maladie », a expliqué le Dr Christophe Le Tourneau, oncologue médical à l’Institut Curie et coordonnateur de l’essai. « C’est un nouveau paradigme de la recherche biomédicale », a indiqué le Pr Claude Huriet, président de l’Institut Curie.

« Les anomalies moléculaires ne sont pas présentes uniquement dans un type tumoral mais dans d’autres types tumoraux, avec des incidences qui varient. Ne faut-il pas dès lors délivrer les thérapies ciblées sur la base du profil moléculaire de la tumeur ? » a interpellé le Dr Le Tourneau.

Séquençage ciblé des anomalies moléculaires pertinentes

« L’essai clinique SHIVA de phase II randomisé qui débute devra donc apporter la preuve de ce concept. Il inclura 200 patients atteints de tous types de cancers métastatiques en échappement aux traitements standards », a-t-il précisé. Au total, la recherche d’une quarantaine d’anomalies moléculaires sera réalisée dans les prélèvements de 1 000 patients.

« Environ 20 % des patients devraient être porteurs d’une anomalie pour laquelle on possède une thérapie ciblée. Ces anomalies sont des amplifications ou des mutations de gènes, concernant notamment EGFR, HER2, Pi3K/AKT, mTor, KIT, PDGFR, BRAF, LKB1, SARK, LFT3, RET, récepteurs aux estrogènes, progestérone et aux androgènes. En fonction de cette analyse, l’une des molécules ciblées actuellement disponibles - dont l’imatinib, l’évérolimus, le vémurafenib, le sorafenib, l’erlotinib, l’association trastuzumab+lapatinib, le dasatinib, l’abiratérone, le tamoxifène et le létrozole - pourra être proposée. »

« Le staff de biologie moléculaire hiérarchisera les anomalies moléculaires, a ajouté le Dr Véronique Dieras, directrice du département de Recherche clinique. Et les analyses seront centralisées à l’Institut Curie, elles nécessitent une expertise pluridisciplinaire », a-t-elle souligné.

S’affranchir de la localisation tumorale initiale

Les patients seront répartis dans deux groupes par tirage au sort, l’un recevant le traitement conventionnel- à savoir la chimiothérapie validée à ce jour en fonction de la localisation et l’évolution tumorale), l’autre bénéficiant d’une des onze thérapies ciblées selon leur profil biologique. Les patients progressant dans le bras standard pourront « switcher » et recevoir le traitement expérimental. L’absence d’anomalie moléculaire conduira à proposer au patient de rentrer dans un essai précoce de phase I.

SHIVA est stratifié suivant le score pronostique du patient et la voie de signalisation impliquée. Le critère principal de jugement est la survie sans progression. SHIVA est conduit sur une durée de trois ans, compatible avec la prise en charge médicale.

Le recrutement s’appuie sur 6 centres de lutte contre le cancer : centre Léon-Bérard de Lyon, Institut de cancérologie de l’Ouest - René-Gauducheau de Nantes, Institut Paoli-Calmettes de Marseille, centre Georges-François Leclerc de Dijon, Institut Claudius-Régaud de Toulouse, Centre Alexis-Vautrin de Nancy.

Une partie des prélèvements sera également séquencée complètement et ce, grâce aux technologies de séquençage à haut débit acquises dans le cadre du projet ICGex « Equipement de biologie intégrative du cancer pour une médecine personnalisée » pour des analyses complémentaires.

D’après une conférence de presse organisée par l’Institut Curie.

 Dr SYLVIE LE GAC
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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