Antidépresseurs au volant : vigilance lors de la mise en route du traitement

Antidépresseurs au volant : vigilance lors de la mise en route du traitement

30.08.2012
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    Antidépresseurs au volant : vigilance lors de la mise en route du traitement

« La prise d’antidépresseurs entraîne une augmentation significative du risque d’être responsable d’un accident de la route » et ce risque « est accru à certaines étapes clés du traitement, telles que les périodes d’initiation ou de modification du traitement (changement de posologie, de molécule...) ». Telles sont les conclusions des nouvelles analyses de l’étude CESIR-A conduite par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Dans cette étude, l’équipe INSERM « Prévention et prise en charge des traumatismes » a croisé les données de remboursement des médicaments de l’Assurance-maladie et celles relatives aux accidents de la route de la police. Plus de 70 000 assurés (72 685) ont été impliqués dans un accident en France entre juillet 2005 et mai 2008.

Les femmes plus exposées

Les premières analyses publiées en 2010 avaient déjà montré que la prise de médicaments comportant un pictogramme de niveau 2 ou de niveau 3 augmente le risque d’accident et que ce risque est d’autant plus élevé que le nombre de médicaments potentiellement dangereux est important. Elles avaient permis d’estimer à près de 3 % la proportion d’accidents attribuables à une prise médicamenteuse.

Les résultats publiés dans « Journal of clinical psychiatry » ciblent les 2 936 conducteurs (4 %) qui avaient pris au moins un antidépresseur le jour de l’accident. Les femmes, les conducteurs de plus de 45 ans, les retraités et les personnes sans emploi sont les plus fréquemment représentés dans ce groupe.

La prise d’antidépresseurs est associée à un risque d’accident plus élevé de 34 %. Le risque est maximal au moment de la mise en route du traitement (augmentation de 49 %) ou lors d’un changement de modalités de ce traitement. Tous les antidépresseurs sont concernés (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline, inhibiteurs de la monoamine oxydase...) sauf les tricycliques.

Informer les patients

Au vu de ces nouveaux résultats, l’ANSM appelle à une « vigilance particulière ». Les patients « doivent être informés du risque que présente cette classe de médicaments sur leurs capacités de conduite, notamment lorsque le traitement est initié ou modifié », souligne l’agence. Le pictogramme orange apposé en France sur la boîte de tous les antidépresseurs « participe à la mise en garde des usagers et devrait faciliter le dialogue avec les professionnels de santé, que ce soit au moment de la prescription, de l’administration ou de la délivrance », poursuit l’ANSM.

Selon Emmanuel Lagarde, l’un des co-auteurs, les résultats de l’étude « sont plutôt rassurants quant aux effets des antidépresseurs sur le long terme ». L’analyse croisée (cas-crossover) qui permet pour le même sujet de comparer l’exposition immédiatement avant l’accident et l’exposition une semaine avant ne retrouve pas de surrisque lié à la prescrition elle-même. Et d’insister : « Il ne faut surtout pas dire aux gens de ne pas prendre d’antidépresseurs lorsqu’ils conduisent... ce serait la catastrophe. »

Des pictogrammes pour alerter

Les boîtes d’antidépresseurs vendues en France comportent un pictogramme de niveau 2 invitant les conducteurs à être "très prudents" et à ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé. Les médicaments sont classés en trois niveaux de risque, allant du niveau 1 (faible) à 3 (risque majeur), indiqués par des pictogrammes : un triangle jaune pour le niveau 1, orange pour le niveau 2 et rouge pour le niveau 3 (qui déconseille formellement la conduite automobile).

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 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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