Irradiation du pancréas dans l’enfance : risque accru de diabète

Irradiation du pancréas dans l’enfance : risque accru de diabète

23.08.2012
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    Irradiation du pancréas dans l’enfance : risque accru de diabète

Florent de Vathaire et coll. (Institut Gustave-Roussy, INSERM U1018) se sont, avec d’autres équipes, intéressés à la relation entre la dose de radiation ionisante reçue par le pancréas lors d’une radiothérapie pour traiter un cancer de l’enfant et le risque à long terme de diabète.

Ils ont analysé une cohorte franco-anglaise de 2 500 sujets ayant été traités pour un cancer (tumeur solide ou lymphome) dans l’enfance avant 1986, sans récidive pendant au moins 20 ans. Les sujets ont répondu à un questionnaire sur leur état de santé.

Après un suivi médian de 27 ans, 65 sujets avaient développé un diabète. Le prévalence du diabète à l’âge de 45 ans est de 2,3 % chez les sujets qui n’ont pas reçu de radiothérapie et de 6,6 % chez ceux qui ont eu ce traitement. Les résultats montrent que le facteur influent le plus sur le risque de diabète à l’âge adulte est « la dose de rayonnement reçue durant la radiothérapie lors de leur cancer dans l’enfance, au niveau de la queue du pancréas ». Les îlots de Langerhans sont concentrés dans cette partie du pancréas.

Ainsi, la prévalence du diabète à 45 ans est de 16,3 % chez les sujets qui ont reçu plus de 10 Gy au niveau de la queue du pancréas. « Pour les doses faibles et modérées, chaque Gy reçu au niveau de la queue du pancréas augmente de 65 % le risque de diabète ultérieur. » Le risque relatif du diabète insulino-dépendant comme du diabète de type 2 est augmenté. Et il est indépendant de l’indice de masse corporelle des personnes.

La relation mise en évidence par F. de Vathaire et coll. est de type dose-réponse, proportionnelle à la dose reçue. Si cette relation se confirme dans des études ultérieures, cela « signifierait une augmentation du risque de diabète dès les doses faibles et modérées ».

Les dégâts de l’irradiation abdominale ne se limitent pas au pancréas. En particulier, le tissu adipeux sous-cutané mais non viscéral est sensible à l’exposition aux rayons. Une augmentation de l’adiposité viscérale peut avoir contribué à l’insuffisance des cellules bêta et au développement de l’insulinorésistance. Selon les auteurs, le pancréas mériterait d’être contourné lors de la planification des radiothérapies.

Lancet Oncology, 23 août.

 Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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