VIH : quelle vie sexuelle pour les adultes infectés dans leur enfance ?

VIH : quelle vie sexuelle pour les adultes infectés dans leur enfance ?

27.07.2012
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    VIH : quelle vie sexuelle pour les adultes infectés dans leur enfance ?

Quel est le devenir des enfants infectés pendant la grossesse de leur mère ou dans la petite enfance aujourd’hui devenus adultes ? C’est l’objet d’une cohorte de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS CO19 Coverte) qui étudie, sur le plan médical, social et comportemental, près de 200 jeunes garçons et filles âgés de 18 à 25 ans et vivant avec le VIH depuis l’enfance. Les premiers résultats de cette cohorte, rendus publics à la 19e Conférence internationale sur le sida, mettent en lumière la difficulté de maintenir la prévention après le premier rapport sexuel.

La transition vers l’âge adulte d’adolescents infectés par le VIH au moment de la naissance est souvent une « période de vulnérabilité particulière vis-à-vis de la prise en charge de l’infection, pouvant conduire au rejet des traitements et du suivi médical », notent les chercheurs. Ces jeunes, qui quittent le service pédiatrique dans lequel ils étaient suivis pour un service de médecine d’adultes sont, par ailleurs, souvent marqués par une histoire familiale difficile, avec le décès d’un de leurs parents. Ils vont « initier leur vie sexuelle et amoureuse avec le risque de transmettre le VIH à leur(s) partenaire(s) ».

La cohorte ANRS CO19 Coverte, mise en place en France en 2010, comprend à ce jour, 193 jeunes hommes et femmes, tous infectés par voie périnatale ou pendant la petite enfance. Ils sont âgés aujourd’hui de 18 à 25 ans, et étaient suivis, pour un tiers d’entre eux, depuis l’enfance dans le cadre de la cohorte ANRS CO10 « Enquête Périnatale Française ». La cohorte Coverte est, à ce jour, « la cohorte active la plus importante en Europe sur cette population ». Le suivi des patients associe des auto-questionnaires, portant sur les habitudes de vie et des questionnaires annuels médicaux, remplis par les médecins. Ces données sont complétées par des prélèvements biologiques.

Un relâchement sur l’usage du préservatif

Les premiers résultats, qui portent sur l’entrée dans la sexualité, concernent 125 personnes (60 % sont des femmes) de la cohorte ANRS CO19 Coverte. L’âge médian est de 21 ans à l’inclusion, 87 % d’entre eux sont de nationalité française et 55 % titulaires d’un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat. Presque tous (119) sont traités par multithérapie d’antirétroviraux, dont un quart par des traitements associant des nouvelles molécules : inhibiteurs de CCR5 et anti-intégrases. La charge virale est détectable chez 30 % d’entre eux alors que plus de la moitié d’entre eux ont un nombre de CD4› 500 c/mm3 et ont donc une reconstitution immunitaire.

Selon les réponses apportées par les jeunes, il apparaît que près de 80 % d’entre eux avaient déjà eu un rapport sexuel au moment de l’inclusion, l’âge médian au premier rapport étant de 17 ans, âge similaire à celui retrouvé dans la population générale. Un préservatif, seul ou en combinaison avec un autre moyen de contraception, a été utilisé par 98 % des jeunes lors du premier rapport sexuel, et par 90 % d’entre eux au dernier rapport. En revanche, 53 % des femmes et 16 % des hommes rapportaient avoir eu au moins un rapport sexuel sans préservatif au cours des 12 derniers mois. Ces proportions sont nettement plus faibles (respectivement 9 % et 12 %) lorsqu’on analyse les questionnaires remplis par les médecins qui tendent à sous-estimer ces pratiques à risque. La non-utilisation de préservatif apparaît peu corrélée avec le niveau de charge virale.

* La cohorte ANRS CO19 Coverte est coordonnée au sein de l’équipe « Épidémiologie du VIH et des IST » INSERM U1018, CESP sous la responsabilité de Nelly Briand. Les investigateurs principaux sont Josiane Warszawski, Inserm U1018, et Jean-Paul Viard, Hôtel-Dieu, Paris.

STÉPHANIE HASENDAHL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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