Résultats d’une étude de phase IV sur l’interféron bêta dans la SEP

Résultats d’une étude de phase IV sur l’interféron bêta dans la SEP

19.07.2012
Une étude de phase IV menée sur 4 à 5 ans chez des patients souffrant d’une forme rémittente de sclérose en plaques (SEP) montre que le traitement par interféron bêta n’est pas associé à une réduction de la progression du handicap.
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    Résultats d’une étude de phase IV sur l’interféron bêta dans la SEP

Afsaneh Shirani et coll. (Vancouver) ont conduit cette étude chez 868 patients traités par interféron bêta, qui ont été comparés à 829 patients contemporains non traités et à 959 cas antérieurs à l’utilisation du médicament.

Le principal critère d’évaluation est l’intervalle entre le début du traitement (ou l’inclusion) et l’apparition d’un score de 6 à l’EDSS (Expanded Disability Status Scale), ce qui correspond à l’utilisation d’une canne pour marcher 100 mètres.

Le délai d’atteinte du score de 6 à l’EDSS est très différent entre les groupes. Il est beaucoup plus long dans la cohorte historique non traitée (10,8 ans en moyenne), que dans la cohorte contemporaine non traitée (5,1 ans) et dans le groupe traité (4 ans). Mais, après les ajustements nécessaires pour les variables potentiellement confondantes (genre, âge, durée de la maladie et score EDSS), « le traitement par l’interféron bêta ne s’associe pas à une différence significative en termes de délai avant l’apparition d’un score de 6 à l’EDSS, que ce soit par comparaison avec la cohorte contemporaine ou avec la cohorte historique ».

Le but du traitement de la SEP est la prévention du handicap et l’éviction de l’invalidité, rappellent les auteurs, tout comme le Pr Jean Pelletier (chef du service de neurologie au CHU de la Timone à Marseille), contacté par « le Quotidien ». « Cette étude est de très bonne qualité et elle correspond à ce qui se passe dans la vraie vie », commente le Pr Pelletier. Les résultats ne sont donc pas à prendre à la légère. Il y a un bémol : le suivi médian est de 5 ans pour la population traitée et de 4 ans pour les deux autres. « Nous aurions souhaité que l’étude dure plus longtemps, ce qui pourrait permettre de dégager les patients bons répondeurs des moins bons. » Par ailleurs, dans la SEP, les traitements sont préventifs des poussées. Ils réduisent la fréquence des poussées et allongent les intervalles libres. « Maintenant, on s’interroge : est-ce que les poussées sont la cause du handicap ? Au cours des poussées, il y a des processus d’inflammation et de démyélinisation. Mais le handicap pourrait être lié à un processus dégénératif indépendant. »

« JAMA », 2012 ; 308(3) : 247-256.

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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