La co-infection VIH2 ralentit la progression du VIH1

La co-infection VIH2 ralentit la progression du VIH1

19.07.2012
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    La co-infection VIH2 ralentit la progression du VIH1

Tout est parti de l’hypothèse suivante. La co-infection VIH2 pourrait interférer positivement avec la progression du VIH1, puisqu’en l’absence de traitement, l’infection VIH1 progresse dans la majorité des cas vers le stade sida tandis que cette évolution ne concerne que 20 à 30 % des sujets infectés par le VIH2. Confortée dans cette piste par une étude ayant précédemment constaté un effet protecteur du VIH2 vis-à-vis d’une infection ultérieure à VIH1 chez des prostituées sénégalaises, une équipe suédoise s’est attelée à vérifier le phénomène chez des employés de police de Guinée-Bissau sur une période de près de 20 ans, entre février 1990 et décembre 2007.

L’équipe dirigée par les Drs Esbjörnsson et Mansson a analysé les données de 223 participants infectés par le VIH1 à l’inclusion, qu’il s’agisse d’une infection VIH1 seule (191) ou d’une co-infection VIH1 et VIH2 (32). Dans ce dernier groupe, l’infection était concomitante pour 12 sujets d’entre eux et pour les 20 autres la séropositivité VIH2 précédait celle à VIH1. Indépendamment de ces 32 sujets, un participant dont la séropositivité VIH1 avait précédé celle à VIH2 a été exclu de l’étude.

Les résultats sont assez éloquents. La progression au stade sida était beaucoup plus lente en cas de co-infection, de 104 mois par rapport à 68 mois en cas d’infection VIH1 seule. De plus, en cas de co-infection, les taux de CD4 étaient plus élevés et ceux de CD8 augmentaient moins vite. Plus spécifiquement en cas de séropositivité première à VIH2, les progressions au stade sida étaient les plus lentes et les taux de CD4 les plus élevés.

D’un point de vue phylogénétique, l’évolution moléculaire du VIH1 était beaucoup plus stable en cas de co-infection avec une moindre diversité génétique, et ce à différents stades de l’infection. L’interaction entre les deux infections mérite de plus amples recherches. Pour les chercheurs, les nouveaux mécanismes ainsi mis à jour pourraient se révéler déterminants en thérapeutique et pour le développement de vaccins anti-VIH.

« N Engl J Med », publié en ligne le 19 juillet 2012.

Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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