Amibiase : un traitement qui vaut de l’or

Amibiase : un traitement qui vaut de l’or

21.05.2012
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    Amibiase : un traitement qui vaut de l’or

Des Californiens ont découvert qu’un sel d’or oral déjà approuvé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, est très efficace contre l’amibe Entamoeba histolytica, tant in vitro que dans deux modèles animaux.

Entamoeba histolytica, un parasite protozoaire intestinal, est responsable de dysenterie amibienne et d’abcès du foie. Chaque année, 50 millions de personnes contractent l’amibiase par travers l’eau ou des aliments contaminés et plus de 70 000 personnes en meurent, principalement dans les pays tropicaux.

Le traitement repose essentiellement sur le métronidazole, mais la résistance potentielle d’E. histolytica à cet antibiotique est une préoccupation grandissante.

Afin d’identifier de nouveaux agents contre ce parasite, Debnath et coll. ont réalisé un criblage à haut débit d’une librairie de 910 composés bioactifs, dont certains approuvés par la FDA.

Ce criblage a permis d’identifier 11 composés inhibant la croissance d’E. histolytica. Parmi ceux-ci, l’auranofin possède l’activité amœbicide la plus élevée, dix fois supérieure à celle du métronidazole.

L’auranofin est un sel d’or oral approuvé par la FDA et utilisé depuis vingt-cinq ans pour traiter la polyarthrite rhumatoïde.

Les chercheurs ont évalué l’efficacité de l’auranofin dans un modèle murin de colite amibienne. Vingt-quatre heures après l’infection, un traitement oral pendant sept jours d’auranofin a été comparé à une dose équivalente de métronidazole ; la charge parasitaire et la réponse inflammatoire de l’hôte sont significativement diminuées par l’auranofin, mais pas par le métronidazole.

Lorsque le traitement (pendant sept jours) est commencé quatre jours après l’infection chez le hamster modèle d’abcès du foie amibien, l’auranofin est également plus efficace qu’une même dose de métronidazole pour diminuer les lésions hépatiques.

L’auranofin semble agir en ciblant la thiorédoxine réductase d’E. histolytica, l’enzyme qui protège les amibes de la destruction par les radicaux libres.

« Ces résultats suggèrent que l’auranofin pourrait représenter une nouvelle classe médicamenteuse pour traiter l’amibiase et peut-être d’autres infections parasitaires », concluent les chercheurs.

L’équipe espère débuter bientôt des études cliniques pour évaluer l’auranofin dans le traitement de l’amibiase et de la giardiase.

Debnath et coll. Nature Medicine, 20 mai 2012.

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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