Toulouse : les généralistes face à l’angoisse de leurs patients

Toulouse : les généralistes face à l’angoisse de leurs patients

21.03.2012
À Toulouse, suite à la tuerie du collège Ozar Hatorah, les généralistes du quartier ont dû faire face à l’angoisse et au désarroi de leurs patients. Certains se sont portés volontaires et restent disponibles.
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    Toulouse : les généralistes face à l’angoisse de leurs patients

Le quartier de la Roseraie à Toulouse est sous le choc. Ici de petites rues tranquilles s’entremêlent et des maisons aux façades coquettes caractérisent ce faubourg ; souvent qualifié de « village » par ses habitants. Lundi matin, en quelques minutes, tout a basculé. « Dès que j’ai su, je me suis naturellement rendu sur place pour aider et prendre des gens en charge, raconte le Dr Raphaël Déry, généraliste installé à deux pas du collège Ozar Hatorah. Ici, tout le monde se connaît, comme moi, plusieurs de mes confrères qui consultent à proximité, se sont portés volontaires et restent disponibles. » Dans les consultations, l’angoisse des patients a été immédiatement perceptible et le Dr Pierre Hanoun, installé depuis 40 ans, juste derrière la rue Dalou, a aussi dû faire face à un flux incessant de patients.

Impression de fin du monde.

« Ma patientèle est constituée de gens assez jeunes et actifs, ils ont pourtant immédiatement basculé dans un état de panique, décrétant par exemple qu’ils n’iraient pas faire leurs courses au centre commercial tout proche, de peur d’une nouvelle attaque. Comme au moment d’AZF, il y avait une impression de fin du monde et les patients avaient besoin de venir chez leur médecin pour en parler », a-t-il observé. Le Dr Déry a aussi fait face à un grand nombre d’appels de ses patients. « Je soigne des gens qui habitent tout près de l’école, ceux qui ont assisté à ces scènes surréalistes, vu du sang, entendu des coups de feu, sont traumatisés. Parmi les personnes âgées, certains ont la réaction de se cloîtrer chez eux. Quant aux enfants qui ont vu des camarades mourir sous leurs yeux, ils ont été pris en charge par une cellule psychologique. Ceux-là, confrontés à la mort, auront besoin de se confier à des pédopsychiatres, pour mettre des mots sur ce qu’ils ont vécu », décrit le médecin.

 DE NOTRE CORRESPONDANTE BÉATRICE GIRARD
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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