Les bénéficiaires du CMU-C sont pauvres et malades

Les bénéficiaires du CMU-C sont pauvres et malades

09.03.2012
Les bénéficiaires de la CMU complémentaire mentionnent plus de pathologies que le reste de la population, jusqu’à deux fois plus pour certaines affections comme la dépression et le diabète. L’exposition aux facteurs de risque comme le tabac et l’obésité est également plus élevé mais pas la consommation d’alcool.
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    Les bénéficiaires du CMU-C sont pauvres et malades

L’étude* de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) confirme les résultats des précédents travaux qui ont montré un moins bon état de santé des bénéficiaires de la CMU comparativement au reste de la population. À partir des données de l’Enquête santé protection sociale (ESPS) 2006-2008, elle montre qu’à âge et sexe équivalents, presque tous les grands groupes de pathologies sont surreprésentés chez les bénéficiaires de la CMU-C (22 sur 31 pathologies).

Les bénéficiaires de la CMU-C déclarent plus souvent des troubles mentaux identifiés surtout à travers deux pathologies : l’anxiété (16 % d’entre eux contre 9 % pour le reste de la population) et la dépression (10 % contre 5 %). Les affections gastro-intestinales sont aussi plus fréquentes, notamment celles de la partie haute du tube digestif, comme les ulcères de l’estomac ou du duodénum, le reflux œsophagien (11 % contre 7 %). La prévalence de l’hypertension artérielle est également plus élevée tandis que les troubles du rythme, les pathologies coronariennes ou artérielles et le diabète sont deux fois plus souvent déclarés par les bénéficiaires de la CMU-C. Il en va de même pour la prévalence de l’asthme et des bronchites chroniques.

Renoncement aux soins.

Il faut dire que l’obésité, facteur de risque de diabète et de maladies cardio-vasculaires, est beaucoup plus répandue chez les bénéficiaires de la CMU-C (15 % contre 9 %). De même que l’exposition au tabagisme des bénéficiaires de la CMU-C est également plus grande (49 % contre 29 %). En revanche, notent les auteurs de l’étude, « contrairement aux idées reçues mais conformément à d’autres enquêtes, les bénéficiaires de la CMU-C sont deux fois plus nombreux à déclarer ne jamais consommer d’alcool : 44 % contre 22 % ».

Par ailleurs, les déclarations de port de lunettes, de verres de contact et de port de prothèses dentaires sont moins fréquentes parmi les bénéficiaires de la CMU-C alors que la prévalence des difficultés pour voir est comparable et qu’ils sont plus nombreux à déclarer des caries. Selon les chercheurs, « le moindre appareillage observé pour les bénéficiaires de la CMU-C pourrait s’expliquer par un renoncement aux soins en lien avec le statut précaire et l’histoire des personnes bénéficiant de la CMU-C ou être induit par une offre de soins non adaptée, ce qui témoignerait de difficultés d’accès malgré la gratuité théorique de ces soins ». Concernant les motifs de consultation déclarés, ils sont équivalents qu’il s’agisse de personnes bénéficiaires ou non de la CMU-C. Les problèmes de santé ORL et les problèmes de dos arrivent en tête dans les deux catégories de population, pour les moins de 65 ans. Toutefois, certains motifs de consultation sont significativement plus fréquents pour les bénéficiaires de la CMU-C : dans les sphères psychique (dépression), respiratoire (asthme et bronchite chronique), digestive (partie haute du tube digestif et problèmes hépatiques) et cardio-vasculaire.

Depuis son instauration en 1999, « la CMU-C a très nettement amélioré le recours aux soins de ses bénéficiaires », écrivent les auteurs de l’étude. Cependant, « l’adaptation de l’offre de soins à ces patients, comme l’apprentissage des bénéficiaires de la CMU-C à l’usage du système de soins, constitue ainsi toujours des enjeux de la politique de santé publique qui prolonge l’effort réalisé sur le seul accès financier avec la CMU-C », indiquent-ils.

* Voir l’étude.

 STÉPHANIE HASENDAHL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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