Nouvelle piste anti-VIH : le muscle utilisé comme usine à anticorps

Nouvelle piste anti-VIH : le muscle utilisé comme usine à anticorps

01.12.2011
Des Américains proposent une stratégie d’immunoprohylaxie utilisant une méthode de thérapie génique pour avancer sur la voie d’un vaccin contre le VIH. Une seule injection a permis de protéger des souris contre une charge d’épreuve du VIH. L’équipe espère pouvoir transposer cette approche chez les humains.
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    Nouvelle piste anti-VIH : le muscle utilisé comme usine à anticorps

Un certain nombre d’anticorps neutralisants contre le VIH ont été identifiés. Mais jusqu’ici, on n’est pas parvenu à les faire produire efficacement en développant les vaccins conventionnels.

L’équipe de l’Institut de Technologie de Californie (Los Angeles), dirigée par le prix Nobel David Baltimore, présente une approche alternative.

Le procédé, qui a été appelé « VIP » (pour « vectored immunoprophylaxis ») fait induire une production prolongée d’anticorps neutralisants contre le VIH chez l’hôte. Alejandro Balazs, David Baltimore et coll. ont utilisé un adénovirus génétiquement modifié, l’AAV (Adeno-Associated Virus), complémenté par des éléments capsidiques pour améliorer la production d’anticorps (vecteurs dits AAVsc pour self-complementary).

Ils ont réalisé une étude chez la souris génétiquement modifiée, humanisée, en utilisant le vecteur viral administré dans un muscle. Cette immunoprophylaxie fait appel au système immunitaire de façon différente d’un vaccin habituel. Le virus AAVsc transfecte les gènes dans le muscle, lieu où les anticorps protecteurs sont élaborés. Ils diffusent par la suite dans l’organisme. Les auteurs montrent que cette souris humanisée, qui a reçu une injection unique du VIP en intramusculaire, semble complètement protégée contre l’infection par le VIH, y compris lorsque de fortes charges du virus sont administrées.

Étant donné le haut niveau de protection qui est observé, « ces résultats, publiés dans " Nature ", font naître la possibilité que cette approche puisse aboutir à un traitement préventif efficace chez les humains », écrit David Baltimore dans un communiqué.

« Nature », 1er décembre 2011 ; doi: 10.1038/nature10660

 Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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