La polyconsommation de drogues prédomine en Europe

La polyconsommation de drogues prédomine en Europe

15.11.2011
Apparente baisse de popularité de la cocaïne, stabilisation de la consommation du cannabis, rebond de l’ecstasy, émergence rapide de nouvelles drogues et interaction croissante entre marchés des euphorisants légaux et drogues illicites, telles sont les principales tendances mises en évidence par l’OEDT dans son rapport annuel.
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    La polyconsommation de drogues prédomine en Europe

« Le marché de la drogue est en évolution de plus en plus rapide », toujours « prompt à s’adapter aux menaces et aux opportunités », constate Wolfgang Götz, directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Dans son rapport 2011, l’OEDT voit dans l’émergence rapide de nouvelles substances psychoactives non contrôlées (euphorisants légaux), « un défi croissant tant en Europe qu’à l’échelle internationale ».

Le système européen d’alerte précoce (EWS) a identifié depuis le début de l’année 39 substances nouvelles (contre 41 en 2009). Plus de 150 substances sont désormais surveillées par l’EWS. « Les fournisseurs d’euphorisants légaux gardent toujours une longueur d’avance sur les contrôles en proposant rapidement de nouvelles alternatives lorsqu’une substance est interdite. » Et ce jeu du chat et de la souris se déroule aussi dans le domaine des précurseurs (produits chimiques entrant dans la fabrication des drogues illicites), constate l’OEDT. Ceci explique notamment le regain de la teneur de MDMA dans les comprimés d’ecstasy grâce au recours des fabricants à ces nouveaux précurseurs (dont le safrole). Dans certains pays européens, les opiacés de synthèse commencent même à supplanter l’héroïne sur le marché. « Actuellement en Europe, 5 % environ de toutes les personnes admises en traitement (20 000 patients) déclarent comme drogue principale un opiacé autre que l’héroïne », note l’OEDT. Au total, plus de 1,3 million de consommateurs réguliers d’opiacés sont recensés dans les pays de l’Union européenne et en Norvège.

« Plus de 7 600 surdoses mortelles ont été signalées dans l’UE et en Norvège en 2009, impliquant pour la plupart les opiacés (…). Mais ces décès par surdose pourraient n’être que la partie émergée de l’iceberg », prévient le rapport. Entre 10 000 et 20 000 usagers d’opiacés à problème pourraient décéder chaque année en Europe, « principalement de surdose mais aussi d’autres causes (maladies, suicide, traumatismes…) », estime l’observatoire.

Approche globale.

S’agissant de la cocaïne, 4 millions d’Européens ont consommé de ce produit au cours des 12 derniers mois. Dans son rapport, l’OEDT entrevoit une baisse de popularité de la cocaïne sur le Vieux Continent. Parmi les cinq pays enregistrant les niveaux de consommation les plus élevés, le Danemark, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni déclarent un recul de consommation de cette drogue au cours des 12 derniers mois chez les jeunes adultes de 15 à 34 ans. Outre une prise de conscience croissante des problèmes liés au produit, « l’impact financier d’une consommation régulière de cocaïne peut diminuer l’attrait de cette substance (vendue entre 50 et 80 euros le gramme) dans les pays où l’austérité est à l’ordre du jour », commente l’OEDT.

Avec quelque 22,5 millions de consommateurs au cours des 12 derniers mois, le cannabis reste la substance illicite la plus populaire en Europe. Néanmoins, la tendance générale à la baisse ou à la stabilisation de la consommation de cannabis chez les jeunes adultes se confirme. « Il se peut que la baisse de la consommation de tabac (dans certains pays) exerce une influence sur les tendances de l’usage de cannabis en Europe, où ces substances sont généralement consommées ensemble », suggère l’OEDT. Une chose semble entendue, il n’existe pas de lien entre les modifications législatives récentes en matière de drogue et les niveaux de consommation de cannabis, relève le rapport.

D’une manière générale, l’OEDT constate que la polyconsommation de drogues licites et illicites est devenue le mode de consommation dominant en Europe. Or, « un cadre politique global sur la consommation de substance psychoactives fait toujours défaut dans la plupart des États membres », note l’observatoire.

 DAVID BILHAUT
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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