Aux États-Unis, flambée des cancers oropharyngés dus aux HPV

Aux États-Unis, flambée des cancers oropharyngés dus aux HPV

05.10.2011
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    Aux États-Unis, flambée des cancers oropharyngés dus aux HPV

Une tendance épidémiologique très nette s’accentue depuis quelques années aux États-Unis, une augmentation de prévalence des cancers oropharyngés. Ces lésions, de meilleur pronostic qu’auparavant, ont été attribuées à des papillomavirus. Il en fallait la preuve clinique. C’est chose faite grâce à une vaste étude menée dans trois régions nord-américaines : Hawaï, Iowa et Los Angeles. Disons-le d’emblée, la montée en puissance de ces cancers serait attribuée à la pratique généralisée des rapports orogénitaux, ainsi qu’à une baisse d’incidence de ceux d’origine alcoolo-tabagique.

Entre 1984 et 2004, dans les trois centres, sur 5 755 patients atteints d’un cancer oropharyngé, 271 ont été enrôlés. Ils ont bénéficié d’une recherche d’HPV par PCR (réaction de polymérisation en chaîne), par génotypage, par évaluation de la charge virale pour le HPV16 ainsi que par l’expression de l’ARNm du HPV16. La prévalence des HPV est passée de 16,3 % en 1984-1989 à 71,7 % en 2000-2004. L’incidence de ces cancers positifs pour les HPV a augmenté de 225 % de 1988 à 2004, et, dans le même temps, celle des tumeurs négatives pour le virus déclinait de 50 %. Si la tendance devait continuer ainsi, estiment Anil K. Chaturvedi et coll., le nombre de cancers ORL dus aux virus devrait dépasser celui des cancers du col en 2020.

Lorsque l’analyse compare les tumeurs d’origine virale et les autres, le pronostic apparaît bien meilleur pour les premières. Respectivement, la médiane de survie est supérieure avec 131 mois contre 20. Ce constat pourrait être attribué à une moindre origine alcoolo-tabagique et peut-être aussi aux progrès de la radio-chimiothérapie, depuis les années 1999-2000.

Le travail montre cependant quelques faiblesses. Il s’agit, selon les auteurs eux-mêmes, de sa taille restreinte, du manque d’informations sur les traitements utilisés ainsi que de l’absence de données sur le tabagisme.

Ils concluent sur la part de la vaccination contre les papillomavirus. Si elle est proposée, elle mériterait d’être évaluée en prévention des infections orales par HPV. D’autant plus, rappellent-ils, qu’il n’existe pas de dépistage de ces cancers ORL. Si le vaccin se montrait également efficace dans cette indication, une réévaluation de son rapport coût-efficacité devrait être mise en place chez les garçons, principales victimes de ces types de cancers.

« Journal of Clinical Oncology », édition avancée en ligne doi:10.1200/JCO.2011.36.4596.

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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