Ces soignants hospitaliers qui travaillent plus en toute illégalité

Ces soignants hospitaliers qui travaillent plus en toute illégalité

27.09.2011
Selon un rapport de l’IGAS, une petite proportion des agents soignants de l’hôpital public cumulent illégalement plusieurs activités ; 2 % des troupes, stakhanovistes, dépassent les bornes et se mettent dans des situations « potentiellement dangereuses pour les patients ».
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À l’hôpital, 6,8 % des personnels soignants (non-médecins) exercent une activité annexe – autorisée dans 22 % des cas, illégale pour les 78 % restants. C’est l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui établit ce chiffre dans un rapport daté de juin 2011 intitulé « Cumul d’activités dans la fonction publique hospitalière ».

L’IGAS a mené l’enquête à la demande du ministère de la Santé (la lettre de mission, signée par Roselyne Bachelot, remonte au mois de novembre 2010) et s’est basée sur des donnés de l’INSEE portant sur 360 000 agents des professions soignantes, titulaires de la fonction publique hospitalière et en activité durant l’année 2008.

Son rapport fait un portrait-robot des soignants « cumulards ». L’IGAS constate ainsi que les infirmiers anesthésistes réanimateurs sont surreprésentés – 19 % d’entre eux ont plusieurs activités, secteurs public et privé confondus –, que les hommes (22 % des multi-actifs contre 13 % de la population étudiée) cumulent plus que les femmes et les jeunes davantage que les moins jeunes.

Le phénomène est également beaucoup plus fréquent « dans les établissements importants ou très importants » et dans trois régions qui concentrent la moitié des agents pluri-actifs (Île-de-France, PACA et Rhône-Alpes). Paradoxalement, les agents à temps plein se livrent plus facilement à une seconde activité que leurs collègues à temps partiel. À l’autre bout de la lorgnette, près d’un tiers (30,3 %) des agents cumulards exercent leur activité salariée annexe à temps plein. Globalement, en termes de volume, « au moins 30 % des multi-actifs cumulent un grand nombre d’heures, voire deux temps plein tout ou partie de l’année ».

L’activité annexe est pratiquée essentiellement dans le secteur de la santé. Quels revenus les cumulards en retirent-ils ? Ils « peuvent être très modestes », relève l’IGAS tout en notant que « pour 30 % des pluri-actifs, ils représentent plus de 15 % des revenus salariés annuels ».

Reconnaissant que « le lien de causalité entre cumul d’emplois et risque pour la sécurité des patients est difficile à établir de façon formelle », le rapport de l’IGAS met tout de même l’accent sur les stakhanovistes qu’elle a repérés et qui représenteraient un total de « quelque 7 500 agents » – soit 2 % de l’ensemble des agents hospitaliers des professions soignantes : pour les inspecteurs, ces personnels « sont dans des situations qui vont au-delà de ce que le pragmatisme peut conduire à tolérer parce qu’elles sont potentiellement dangereuses pour les patients ».

 KARINE PIGANEAU
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 5 Commentaires
 
19.10.2011 à 18h28

« Ça s'appelle faire des ménages pour les IADE, et c'est extrêmement fréquent, vu le salaire de misère versé à l'hôpital à des agents très spécialisés. Il faudrait voir aussi du côté des sages-femmes. Lire la suite

Répondre
 
12.10.2011 à 09h34

« Merci Martine pour tes 35 heures. Cela permet à certains de cumuler des emplois en plein jour, mais combien le font en économie souterraine ? »

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29.09.2011 à 02h13

« Lorsque l'on travaille dans le privé, c'est toléré... Les titulaires ont des avantages que les contractuels n' ont pas ! »

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27.09.2011 à 21h52

« Bonsoir, c'est très fréquent. Cela s'appelle travailler plus pour gagner plus !!
Il est scandaleux qu'en France, le fait de travailler entraîne un rapport de l'IGAS.
En 2020 ferons-nous l'apologie d Lire la suite

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27.09.2011 à 18h46

« Je croyais qu'ils étaient débordés dans les hôpitaux ! »

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