39.19 : un numéro contre les violences conjugales mieux connu

39.19 : un numéro contre les violences conjugales mieux connu

26.07.2011
Les campagnes médiatiques semblent porter leurs fruits. En 2010, année où la lutte contre les violences faites aux femmes a été désignée « Grande cause nationale », le nombre d’appels adressés au numéro d’écoute national Violences conjugales Info 39.19 a été multiplié par 2. Un résultat dont se félicite Roselyne Bachelot, qui a visité ce mardi 26 juillet le centre d’appel géré par la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF).
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    39.19 : un numéro contre les violences conjugales mieux connu

« 91 308 APPELS reçus, et 50 396 traités, soit 50,2 % de plus qu’en 2009, ça ne signifie pas plus de violence, mais cela veut dire que les femmes osent plus le dire », fait remarquer Roselyne Bachelot à une écoutante du centre du boulevard Macdonald, à Paris. « Cela signifie également qu’il y a plus d’écoute », lui répond celle-ci.

Depuis sa création en 2007, le 39.19 a en effet réussi son pari de s’imposer comme le numéro d’urgence pour toutes les victimes de violences conjugales. Et a permis, comme l’a dit cette après-midi la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, très sensible aux droits des femmes, la « révélation » de phénomènes de violence souvent tus.

Selon les chiffres de 2010 publiés aujourd’hui par la FNSF, qui fédère 68 associations, les femmes hésitent de moins en moins à raconter leurs souffrances. Elles sont avant tout psychologiques (pour 87,1 % des appels), physiques (79,6 %), mais aussi sexuelles (5,3 %). Et 397 viols conjugaux ont été rapportés, soit 30 % de plus qu’en 2009. « Les épouses commencent réellement à être sensibilisées à ce qui a longtemps été un tabou », analyse Maryvonne Bin-Heng, la présidente de la FNSF. De même, si la majorité des appels concernent les violences conjugales, 1 873 soulevaient les questions du mariage forcé, du harcèlement au travail, ou du viol.

Pour Roselyne Bachelot comme pour Christine Clamens, la directrice générale de la FNSF, la création en 2007 du numéro à 4 chiffres facilement mémorisable est pour beaucoup dans cette explosion des appels. L’augmentation du nombre de postes d’écoutantes à temps plein ( 23 aujourd’hui), formées, favorise également un climat de confiance, propice à la confidence. « Nous restons en moyenne 35 minutes avec l’interlocutrice, 10 minutes de plus qu’avant, car c’est un entretien émotionnel long. La femme n’est pas certaine de subir des violences, il faut réfléchir avec elle », explique une écoutante à la ministre.

Mais, surtout, les campagnes de sensibilisation ont joué, de l’avis de tous, un rôle crucial. « En 2010, où la lutte contre la violence faite aux femmes a été grande cause nationale, nous avons eu 8 campagnes, ce qui entraîne un effet boule de neige : le numéro est rappelé par les médias et mieux connu », souligne Christine Clamens. Et de noter également que, selon leur thématique, les affiches et spots audiovisuels touchent divers publics. « Nous avons eu en 2010 deux fois plus d’appels des enfants pendant la campagne Tea Party, ainsi qu’une progression des jeunes femmes dans nos interlocutrices », explique la directrice générale.

Moins de démarches.

Malgré ces résultats encourageants, le tableau n’est pas tout rose. Les femmes hésitent toujours autant, voire davantage, à lancer une démarche auprès des services de police ou de gendarmerie : le taux de victimes qui déposent plainte (42,6 %) est en effet en baisse de 7,2 % par rapport à 2009. Indice en berne également du côté des professionnels de santé. Moins d’un tiers des victimes se tournent vers eux, une proportion en baisse de 3 % par rapport à 2009.

« Cela nous interpelle, reconnaît Christine Clamens. Nous devons poursuivre nos analyses, mais l’image du médecin de famille, qui soigne le conjoint, représente sûrement un frein. Nous souhaiterions que les professionnels de santé soient sensibilisés aux violences conjugales dès leur formation initiale. »

Enfin, malgré les efforts des associations, et malgré les paroles rassurantes de Roselyne Bachelot sur la mise en place, en septembre, des accueils de jour, avec des crédits propres, les responsables restent sensibles à la crise de l’hébergement d’urgence. « Nous avons besoin de toute la palette pour abriter ces femmes », insiste la vice-présidente, Françoise Brié.

COLINE GARRÉ
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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