L’inactivité double le risque d’embolie pulmonaire

L’inactivité double le risque d’embolie pulmonaire

05.07.2011
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    L’inactivité double le risque d’embolie pulmonaire

Les études étaient contradictoires. Certaines accusaient la sédentarité de favoriser la survenue d’embolies pulmonaires idiopathiques, d’autres incriminaient l’activité physique. Pour y voir clair, des chercheurs de Boston (Christopher Kabrhel et coll.), auxquels collaborait Raphaëlle Varraso (INSERM, Villejuif), ont eu recours à une étude prospective de cohorte. Grâce au nombre considérable de femmes enrôlées dans la Nurses’ Health Study, ils ont conclu que l’inactivité peut doubler le risque d’embolie pulmonaire idiopathique.

L’étude a été menée auprès de 69 950 infirmières américaines. Elles ont répondu à un questionnaire posé tous les deux ans entre 1990 et 2008. En pratique, les données portant sur le temps passé en position assise à la maison ont été recueillies en 1988 et 1990. Celles relevant le niveau d’activité avaient même commencé bien avant, en 1980. Le recensement des cas d’embolies pulmonaires a été réalisé entre 1990 et 2008.

En 18 ans, 268 cas ont été relevés. Une relation avec le temps passé en position assise est bien mise en évidence. Les auteurs constatent, en combinant les données, 41 cas chez les femmes les plus inactives contre 16 chez les moins inactives, soit un risque plus que doublé. Ces données ont été obtenues après ajustement en fonction de nombreux facteurs dont : IMC, tabac, ethnie, scolarité, parité, prise d’AINS…

Les auteurs reconnaissent que leur travail présente plusieurs facteurs limitants, le rendant difficile à généraliser. Il s’agit d’une population féminine, blanche à plus de 95 %. De plus, l’âge moyen de la cohorte dépassait 55 ans. Le choix d’infirmières en fait un groupe au niveau éducatif élevé, ayant accès aux soins médicaux et à un niveau de vie certain. Enfin, l’inactivité ayant été évaluée en 1988 et 1990, rien n’est connu sur les années suivantes.

Quant à en expliquer la cause… Bien sûr, les auteurs rappellent le rôle de l’activité musculaire des extrémités inférieures dans le retour veineux, dont l’absence favorise stase et thrombose. Ils ajoutent qu’il existe peut-être une participation de la modification des facteurs circulatoires tels que l’activateur du plasminogène tissulaire, les plaquettes et le fibrinogène qui pourraient jouer sur une tendance thrombotique et la viscosité du plasma.

La conclusion du travail est simple : la promotion d’actions visant à limiter le temps passé en position assise.

« British Medical Journal », doi :10.1136/bmj.d3867.

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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