La cocaïne et les ivresses progressent en France

La cocaïne et les ivresses progressent en France

29.06.2011
Stabilisation de la consommation de cannabis, recul de l’ecstasy mais hausse de la cocaïne, baisse continue de la consommation quotidienne d’alcool mais augmentation des ivresses, tels sont les principaux enseignements du nouveau volet du Baromètre santé 2010 consacré aux usages de substances psychoactives des Français adultes.
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    La cocaïne et les ivresses progressent en France

Près d’un tiers des Français de 18 à 64 ans déclare avoir consommé du cannabis durant sa vie. Davantage expérimenté par les hommes que les femmes (41 % contre 25 %), ce produit n’a pas vu sa consommation s’envoler ces dernières années. Tout comme en 2005, la part des personnes ayant consommé du cannabis en 2010 s’élève à environ 8 %. Bien que l’expérimentation de cannabis soit passée de 29 à 33 % entre 2005 et 2010, cette « légère hausse observée est mécanique, liée à un effet de stock des générations anciennes de fumeurs, dans la mesure où les autres formes d’usage (régulier, dans l’année ou quotidien) apparaissent stables », commente l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui publie, avec l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), le dernier volet du Baromètre santé 2010 sur la consommation de substances psychoactives des adultes. Les nouveaux chiffres de la consommation de drogues chez les mineurs sont attendus pour le mois d’octobre.

Touchant dix fois moins de personne que le cannabis, la cocaïne est le deuxième produit illicite le plus consommé en France, expérimentée par 3,8 % des 18-64 ans (contre 2,5 % en 2005, année du précédent Baromètre). « La hausse de sa diffusion est néanmoins très nette, traduisant la démocratisation d’un produit autrefois circonscrit à des catégories aisées et qui touche, depuis quelques années, des sphères de plus en plus large de la société », souligne l’OFDT.

A contrario, la consommation d’ecstasy semble marquer le pas. L’usage régulier du produit durant l’année 2010 recule à 0,3 % (contre 0,5 % en 2005). L’expérimentation s’élève à 2,7 % en 2010 contre 2 % en 2005 mais cette augmentation traduit à l’instar du cannabis un « effet de stock » des anciennes générations de consommateurs.

Parmi les autres produits illicites, le Baromètre 2010 montre une légère hausse de l’expérimentation d’héroïne (1,2 %, contre 0,9 % en 2005) et de celle de champignons hallucinogènes (3,2 contre 2,7 %).

S’agissant de l’alcool, le Baromètre confirme la tendance d’« une baisse significative des consommations quotidiennes » (12 contre 16 %) parallèlement à une augmentation des épisodes d’ivresse (19 contre 15 %). « L’ampleur de la hausse a été plus importante chez les jeunes de 18 à 34 ans, et en particulier chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans », avec une consommation ponctuelle de quantités importantes de boissons alcoolisées passée de 30 à 42 %.

Poppers interdits.

Pour le tabac, si la part de fumeurs quotidiens progresse (30 contre 28 %) « le nombre moyen de cigarettes, ou équivalent cigarettes, fumées quotidiennement par les fumeurs réguliers est en recul » (13,8 contre 15,3). Là encore, la hausse de consommation est surtout visible chez les femmes (+4 % entre 2005 et 2010). La progression la plus nette concernant les femmes de 45 à 64 ans (+6 %).

Lors de la présentation du Baromètre, Étienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (MILDT) a annoncé que les poppers allaient être prochainement totalement interdits. Bien qu’ils ne soient pas considérés comme stupéfiants, les poppers ne seront plus accessibles au public sauf s’ils sont prescrits par ordonnance. Selon le Baromètre santé, la consommation de ces produits a progressé de 3,9 à 5,3 % entre 2005 et 2010.

La mission parlementaire sur les toxicomanies a par ailleurs remis ce mercredi son rapport, qui ne recommande pas la dépénalisation du cannabis, considérée comme « une impasse éthique et juridique ». Quant aux centres supervisés d’injection de drogue, les rapporteurs de la mission vont dans le sens du gouvernement, qui s’oppose à leur expérimentation.

DAVID BILHAUT
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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