L’addition salée de repas maternels carencés

L’addition salée de repas maternels carencés

22.06.2011
Si des souris sont carencées en protéines pendant la gestation et l’allaitement, leurs souriceaux devenus adultes seront maigres et présenteront des troubles métaboliques. Ces conséquences sont dues à une déméthylation du gène de la leptine.
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    L’addition salée de repas maternels carencés

On sait que l’environnement intra-utérin, notamment l’alimentation maternelle, joue un rôle important dans l’apparition, à l’âge adulte, de maladies comme l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle. On estime que cela est dû à des mécanismes moléculaires de « programmation ». C’est dans ce contexte que se situe un nouveau travail conduit par des chercheurs du Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière (CNRS/Université Pierre-et-Marie-Curie/INSERM) et de l’Unité de nutrition humaine (INRA/Université Clermont 1).

Les chercheurs se sont intéressés aux conséquences de l’alimentation maternelle pendant la gestation et allaitement sur les modifications épigénétiques du génome de leur progéniture.

Dans ce travail, des souris ont été nourries depuis le premier jour de gestation et jusqu’au sevrage soit avec un régime comportant 22 % de protéines (souris contrôles), soit avec un régime pauvre en protéines, contenant seulement 10 % de protéines. Après le sevrage, les souriceaux ont été nourris avec une alimentation de type « contrôle ».

Résultat : les souriceaux dont les mères avaient reçu un régime pauvre en protéines étaient à l’âge adulte plus maigres que les souriceaux des mères du groupe contrôle et ils présentaient des troubles métaboliques.

À quoi cela est-il dû ? Les chercheurs se sont intéressés au gène de la leptine en raison du rôle crucial de cette molécule pour l’équilibre énergétique de l’organisme (c’est l’hormone qui régule les réserves de graisses). Ils ont directement relié ces conséquences de la carence en protéines pendant la période périnatale à une déméthylation au niveau du gène de la leptine. De plus, cette modification épigénétique est spécifique puisque la méthylation globale du génome n’est pas affectée.

C. Jousse et coll. « The FASEB Journal », 13 juin 2011.

 Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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