À l’Académie de médecine, la cellulite cervico-faciale, urgence méconnue

À l’Académie de médecine, la cellulite cervico-faciale, urgence méconnue

22.03.2011
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    À l’Académie de médecine, la cellulite cervico-faciale, urgence méconnue

« Avec une mortalité de 7 %, une durée d’hospitalisation de près de 4 semaines, des séquelles fonctionnelles et esthétiques chez la moitié des patients, les cellulites cervico-faciales constituent sans conteste l’une des urgences ORL les plus graves », alertait, aujourd’hui à l’Académie de médecine, le Pr Patrice Tran Ba Huy (hôpital Lariboisière, Paris). Ajoutant : « La fréquence ne paraît pas faiblir puisque pour le seul premier trimestre de l’année 2010, 21 cas ont été hospitalisés dans notre service. » Un nombre qui conforte les données de l’étude rétrospective menée par l’équipe de P. Tran Ba Huy sur 150 patients, hospitalisés entre janvier 2001 et décembre 2007, et objet de la présentation devant les académiciens.

Ces cellulites réalisent une affection nécrosante extensive, se développant à partir d’une infection banale pharyngée ou dentaire, qui diffuse le long des cloisonnements aponévrotiques de la face et du cou vers le médiastin.

Le diagnostic repose sur la clinique. L’enquête parisienne en montre la difficulté avec une évolution de la symptomatologie depuis 11 jours en moyenne (de 2 à 60 jours). L’infection doit être évoquée devant des troubles de la déglutition avec dysphagie et odynophagie dans 87 % des cas, puis par une rougeur cervicale évocatrice d’abcès (79 %), une fièvre (74 %). Un trismus existait chez 67 % des patients, évocateur d’une porte d’entrée dentaire. Une rougeur présternale est prédictive d’une atteinte médiastinale.

Cette symptomatologie déclenche l’examen-clé : le scanner facio-cervico-thoracique avec injection de produit de contraste, en urgence. Il est suivi d’une mise à plat chirurgicale avec abord cervical complété ; si besoin, d’un abord thoracique.

Les complications sont lourdes, pour une infection ORL qui peut paraître banale au départ. L’équipe parisienne constate, outre la mortalité de 7 % déjà signalée, une pneumopathie dans 30 % des cas, une défaillance hémodynamique ou une médiastinite chez près de la moitié des patients. La preuve, s’il le fallait, est apportée par les 10 jours moyens de ventilation mécanique, les 13 jours d’intubation, l’antibiothérapie d’une vingtaine de jours ou les 31 jours de trachéotomie. Les séquelles fonctionnelles et esthétiques se font lourdes chez un patient sur deux.

Les portes d’entrée sont pharyngées (angine, phlegmon) et dentaires (mauvaise hygiène, surtout chez les tabagiques), mais aussi en raison d’une pathologie glandulaire (sous-maxillite et parotidite).

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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