Encore trop de décès de nourrissons liés au couchage

Encore trop de décès de nourrissons liés au couchage

22.03.2011
Un nombre important de décès pourrait être évité chaque année si les nourrissons étaient couchés dans un environnement adapté, démontre une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS). La direction générale de la Santé incite donc les professionnels de santé à renouveler les messages sur le bon couchage (sur le dos).
  • 1300812923239164_IMG_57140_HR.jpg

    Encore trop de décès de nourrissons liés au couchage

EN TERMES de santé publique, c’est une bonne nouvelle. Les campagnes de prévention en faveur d’un couchage sur le dos menées dans les années 1990 ont eu « une redoutable efficacité » sur la baisse du nombre de morts subites du nourrisson, comme le souligne le Dr Juliette Bloch, rapporteur de l’étude sur « Les morts inattendue des nourrissons de moins de deux ans » de l’InVS. Mais l’effort de sensibilisation ne doit pas être abandonné : il y a encore, chez les nourrissons, des décès « totalement évitables » dus aux accidents de couchage. Le Pr Didier Houssin, directeur général de la Santé, rappelle que la campagne de sensibilisation réalisée en 1994, renouvelée pendant trois années successives, a contribué à une baisse de 60 % du nombre de MSN, de 1 133 en 1993 à 451 en 1996. Actuellement, les statistiques de décès françaises enregistrent chaque année un peu moins de 300 décès codés MSN (mort subite du nourrisson).

L’enquête prospective menée par l’InVS visait à estimer l’incidence des MIN dans 17 départements volontaires, à décrire leurs caractéristiques et leur prise en charge via les centres de référence. D’octobre 2007 à septembre 2009, sur les 281 MIN signalées, 256 ont été incluses dans l’enquête.

Facteurs de risque.

Parmi les MIN concernant les moins de 1 an (220), plus d’un tiers des enfants dormaient dans un environnement non sécurisé, attesté par la présence d’au moins un des facteurs de risque suivants : couchage sur le ventre ou le côté, couverture, couette ou oreiller dans le lit, lit adulte ou canapé, partagé ou non, matelas mou ou pièce trop chaude. Le transport en centre de référence a concerné 214 enfants (97 %). L’enquête montre toutefois une « grande hétérogénéité » de prise en charge, tant en ce qui concerne la réalisation des examens cliniques, biologiques, que radiologiques, « s’écartant parfois des recommandations de la HAS de 2007 ». Seulement 45 % des enfants avaient eu un scanner ou une IRM. En l’absence d’autopsie, l’imagerie cérébrale était plus fréquente (59 %) mais pas systématique. Seulement 6,5 % avaient eu un fond d’œil, alors qu’il s’agit « d’un examen crucial pour le diagnostic de syndrome du bébé secoué », relève le Dr Bloch.

L’autopsie, considérée comme un « examen-clé », a été pratiquée chez 72 % des enfants transportés en centre de référence mais variait de 33 à 100 % selon les départements. Un tiers de l’ensemble des décès (72) a pu être expliqué. « Il faut que l’autopsie soit favorisée », plaide la pédiatre. Parmi les 72 morts expliquées, un quart (18) étaient dues à une asphyxie liée au couchage et/ou la literie et aurait donc pu être évité : enfants coincés entre le matelas trop petit pour le lit et le bord du lit (souvent un lit d’appoint), enfants asphyxiés le nez dans le matelas en couchage ventral sur support mou ou enfouis sous une couverture ou couette.

Même si les conseils de prévention ont été repris dans le dernier modèle du carnet de santé de l’enfant en vigueur depuis 2006, l’enquête de l’InVS montre qu’il est « urgent de renouveler les campagnes en faveur d’un couchage sécurisé des enfants, pour tous les sommeils et jusqu’à l’âge de 6 mois ». Les recommandations devraient être accessibles sur les sites Internet des autorités de santé « d’autant qu’elles s’adressent à un public de jeunes parents, utilisateurs de ce média ». Une idée que devrait retenir le Pr Houssin. « Il faut répéter les choses parce que les bonnes habitudes peuvent se perdre », a-t-il conclu en indiquant vouloir sensibiliser les professionnels de santé concernés.

STÉPHANIE HASENDAHL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Arrêt de commercialisation du Cytotec, et objectif zéro médicament pendant la grossesse : les chantiers de l’ANSM

ansm

Le laboratoire Pfizer, qui commercialise le Cytotec, a annoncé que ce médicament ne serait plus distribué en France à partir du 1er mars... 2

Les médecins, des brutes en blanc ? C’est tout l’inverse, conclut une étude de la DREES

drees

88 % des Français sont plutôt satisfaits, voire très satisfaits de leur médecin. C’est le constat du dernier baromètre d’opinion de la... 7

« Les ECN seront supprimées », annonce le patron des doyens au congrès de l'Ordre

ECN

Le président de la conférence des doyens de médecine a créé la surprise, ce jeudi après-midi, en annonçant la fin programmée des épreuves... 38

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter