Un chien flaire les cancers prostatiques

Un chien flaire les cancers prostatiques

27.01.2011
« La preuve de principe présentée ici constitue un pas en avant et fournit le début, plutôt que la fin, de l’histoire », écrivent Olivier Cussenot et son équipe de l’hôpital Tenon (Paris). L’histoire dont il est question rapporte la détection de cancers de la prostate par un chien spécialement entraîné à renifler les urines. Les excellentes performances de ce berger belge malinois justifient que les urologues parisiens évoquent les prémisses d’une voie de recherche.
  • 1296146514222324_IMG_52919_HR.jpg

LE TRAVAIL, de longue haleine, est né de plusieurs constats. En premier lieu, même si le dosage du PSA constitue l’outil de détection universel du cancer prostatique, il manque de spécificité. La quête d’autres biomarqueurs est active. Et, parmi eux, des composés organiques volatils (COV) ont été suggérés, dont la sarcosine, indicateur d’agressivité de ces tumeurs malignes. C’est ici qu’interviennent les chiens, puisqu’ils ont déjà montré des dispositions à identifier, dans les urines, des cancers du poumon, de la vessie ou du sein… avec des fortunes diverses. L’idée de l’équipe parisienne a donc été d’identifier ces COV grâce à un animal spécifiquement préparé.

Des parcours tests ont été réalisés par le chien, en double aveugle, sur des urines de 66 patients. Tous avaient été adressés en consultation pour élévation du PSA ou un toucher rectal anormal, ils avaient subi une biopsie prostatique. Une moitié de la cohorte montrait un prélèvement positif, l’autre moitié était considérée comme indemne. Le chien effectuait plusieurs parcours. À chaque reprise, il devait renifler six flacons d’urine (5 témoins, 1 cancer) à travers une ouverture dans une boîte. Il restait 30 secondes devant chaque échantillon et était dressé à s’asseoir devant le flacon que son odorat lui indiquait comme positif.

À la fin des multiples parcours, le chien a identifié 30 des 33 échantillons positifs. Il a également jugé comme cancéreuses trois urines de témoins. Après nouvelle biopsie, l’un de ces trois patients était effectivement porteur d’une tumeur maligne.

Jean-Nicolas Cornu et coll. établissent ainsi la sensibilité et la spécificité de la méthode à 91 %.

« European Urology » 59 (2011) 197-201.

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
19.02.2011 à 21h36

« Peut-on demander actuellement aux labos, en ville, la présence de sarcosine dans les urines, ou autres composés chimiques révélant la possibilité de néo de la prostate ? »

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Dans la Manche, un maire fait face au désarroi des habitants privés de généralistes

manche

« Nous sommes dans une situation plus que tendue ». Jean-Pierre Lhonneur, maire de Carentan-les-Marais (Manche) depuis 2008, est quelque peu... 9

Poses de prothèses en chirurgie ambulatoire : l'AP-HP marque des points

hanche prothese

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonce la réalisation de deux poses de prothèse (totale de hanche et unicompartimentale... 8

Éléments en faveur d'une maladie de Lyme chronique, d'après des travaux chez le singe

lyme

Alors qu'en France un protocole de diagnostic et de soins est en cours de rédaction à la Haute Autorité de santé (HAS), les controverses... 2

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter