Alzheimer : des Français montrent que Tau protège l’ADN

Alzheimer : des Français montrent que Tau protège l’ADN

11.01.2011
L’équipe de Luc Buée (1) vient d’identifier un nouveau rôle dans la famille des protéines Tau : la protection de l’ADN. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes de recherche thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer.
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    Alzheimer : des Français montrent que Tau protège l’ADN

ON SAIT que Tau est une protéine essentielle à la stabilisation des cellules, notamment les neurones. Dans les Tauopathies, dont la plus connue est la maladie d’Alzheimer, les protéines Tau s’agrègent anormalement et seraient à l’origine de la dégénérescence neuronale. Le dysfonctionnement de la protéine Tau provient d’un excès de phosphorylation conduisant à l’agrégation des protéines.

L’équipe « Alzheimer et Tauopathies », dirigée par Luc Buée, révèle qu’une fraction de la protéine Tau sous sa forme déphosphorylée est capable, en condition de stress cellulaire, de se fixer à l’ADN pour le protéger.

Chez la souris, les chercheurs ont en effet observé, en condition de stress cellulaire (choc thermique), des dégâts de l’ADN des neurones déficients en protéine Tau (ce qui n’est pas le cas dans des neurones normaux). L’ajout de protéines Tau normales, c’est-à-dire déphosphorylées, dans ces neurones déficients a permis de les protéger à nouveau contre les lésions de l’ADN. Ce qui montre bien que la protéine Tau est l’élément protecteur.

L’équipe montre également que seules les protéines Tau déphosphorylées sont capables de passer dans le noyau des neurones pour protéger l’ADN. Ainsi, dans le cas de la maladie d’Alzheimer et de nombreuses Tauopathies où l’on observe d’importantes lésions de l’ADN, la phosphorylation anormale des protéines Tau empêcherait leur passage dans le noyau. Dès lors, Tau ne pourrait pas exercer son rôle protecteur, d’où des lésions accrues de l’ADN.

Ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles pistes de recherche permettant de progresser plus rapidement dans la lutte contre l’Alzheimer et les pathologies apparentées, indique un communiqué. « Nous cherchons aujourd’hui à identifier la région de Tau impliquée dans la liaison à l’ADN et proposons d’étudier les mécanismes du passage de Tau dans le noyau, explique Luc Buée dans ce communiqué. En effet, moduler la phosphorylation permettrait de restaurer l’ensemble des fonctions normales de Tau et de protéger à nouveau les neurones des malades. »

Audrey Sultan et coll. « The Journal of Biological Chemistry », in press, février 2011.

(1) Directeur de recherche CNRS au sein de l’unité mixte 837 INSERM/Université Lille Nord de France/CHRU de Lille.

 Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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