Un vaccin empêche la cocaïne d’agir

Un vaccin empêche la cocaïne d’agir

05.01.2011
C’est une voie de recherche pleine de promesses et assez originale qui vient de s’ouvrir dans le sevrage de la cocaïne. Des chercheurs de la Cornell University, à New York, ont testé chez la souris un vaccin destiné à traiter la dépendance. Il agirait en supprimant l’effet stimulant de la drogue.
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    Un vaccin empêche la cocaïne d’agir

L’ÉQUIPE de Kim Janda est partie d’un antigène de la cocaïne qu’elle avait mis au point dans les années 1990. Ils avaient déjà constaté l’aptitude cet antigène à créer une réaction immunitaire. Ils l’ont modifié de sorte qu’il puisse être fixé sur un adénovirus. Le virus avait été auparavant inactivé, ne conservant que sa partie antigénique. L’objectif était de provoquer une réaction par anticorps à la fois contre le virus et contre l’appendice moléculaire issu de la cocaïne.

La préparation vaccinale a été ensuite inoculée à des souris. Une forte réponse immune a été constatée. Le sérum riche en anticorps a été mis au contact de la drogue in vitro, une neutralisation de la cocaïne a été constatée. La seconde étape de la recherche a été réalisée chez des animaux vaccinés et soumis à de la cocaïne. Il s’agissait d’apprécier leur comportement. Comparés à des souris témoins et également droguées, les animaux immunisés se sont montrés moins hyperactifs. Point positif, le bénéfice thérapeutique persistait même lorsque les doses injectées étaient élevées et ce de manière itérative. De plus, l’effet préventif a persisté pendant au moins 13 semaines. Un élément favorable supplémentaire dans la mesure où, en cas d’utilisation en médecine, il serait inutile de multiplier les injections de rappel.

Les chercheurs considèrent leur découverte comme novatrice dans la mesure où elle ne vise pas les cibles neurologiques de la drogue. Le vaccin bloque la cocaïne avant même qu’elle n’atteigne le cerveau. De fait, classiquement, une fois inhalée, elle franchit la barrière hémato-méningée et s’accumule rapidement. Elle vise le système de récompense dans le noyau accumbens, bloquant les transporteurs de la dopamine et empêchant son recyclage. La libération de dopamine crée l’état d’euphorie.

Le traitement ne serait destiné qu’à des sujets inclus dans des programmes de désintoxication, en demande de sevrage.

L’équipe est consciente d’en être qu’à un stade préliminaire de la recherche. Loin de la commercialisation d’un vaccin à usage humain.

« Molecular Therapy », 4 janvier 2011.

Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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