Demain, à Lyon, dépistage des anévrysmes de l’aorte abdominale

Demain, à Lyon, dépistage des anévrysmes de l’aorte abdominale

14.12.2010
Pour la première fois en France, une équipe du CHU lyonnais a pris l’initiative d’inviter, demain, des hommes de plus de 60 ans à bénéficier gratuitement d’une échographie de dépistage de l’anévrysme de l’aorte abdominale (AAA). Au-delà de cette journée, l’objectif est d’inciter les autorités sanitaires françaises à lancer un protocole expérimental de dépistage.
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    Demain, à Lyon, dépistage des anévrysmes de l’aorte abdominale

C’EST SUR le modèle de la Journée nationale de dépistage de l’artérite des membres inférieurs, à l’initiative de la Société française de médecine vasculaire (SFMV), qu’une équipe médico-chirurgicale (1) de l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon a lancé ce dépistage gratuit. « Notre but, indique le Pr Patrick Lermusiaux, chirurgien vasculaire, est de relancer le débat sur le dépistage ». En effet, 6 000 personnes décèdent chaque année de cette pathologie, « soit un chiffre supérieur aux morts sur la route » tient à préciser ce chirurgien. De multiples études confirment pourtant l’existence d’un bénéfice du dépistage systématique par échographie.

L’AAA, fortement associé au tabagisme, se traduit par une dilatation permanente et localisée de l’aorte d’un diamètre excédant 3 cm. Il résulte d’une expansion continue, souvent irrégulière et imprévisible, qui peut présenter, à partir d’un diamètre de 5 cm, un risque élevé de rupture pouvant entraîner le décès. « Pour nous, explique ainsi le Pr Lermusiaux, c’est épuisant et déprimant d’opérer des anévrismes rompus, car nous mobilisons des hélicoptères, de la transfusion massive, de la réanimation, tout cela pour arriver in fine au décès du patient 8 fois sur 10, alors qu’un examen simple, sensible, spécifique et peu coûteux permettrait d’éviter cela ». En effet, cet anévrisme peut parfois être décelé à l’examen physique, mais la méthode diagnostique recommandée reste l’échographie abdominale, localisée à l’aorte.

Un dépistage systématique viserait essentiellement les hommes. De fait, l’AAA est de 3 à 11 fois plus fréquent chez eux que chez les femmes. Mais, la donne pourrait changer en raison de la montée en puissance du tabagisme féminin.

(1) Prs Patrick Feugier et Patrick Lermusiaux, service de Chirurgie vasculaire, Pr Jean Ninet et Dr Pascale Bureau du Colombier, responsables des Explorations fonctionnelles vasculaires à l’hôpital Edouard-Herriot.

lequotidiendumedecin.fr, le 14/12/2010

 CAROLINE FAESCH
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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