Cancer de l’endomètre : 5 mm à l’écho pour le dépistage

Cancer de l’endomètre : 5 mm à l’écho pour le dépistage

13.12.2010
Des Britanniques ont réalisé la seule étude à grande échelle sur les performances de l’échographie intravaginale dans le dépistage du cancer de l’endomètre après la ménopause.
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    Cancer de l’endomètre : 5 mm à l’écho pour le dépistage

Le dépistage du cancer de l’endomètre fait débat. Pour la première fois sur une large population, des Britanniques fournissent des données objectives sur l’efficacité de l’échographie pelvienne intravaginale. Selon l’UKTOCS (United Kingdom Collaborative Trial of Ovarian Cancer Screening), l’imagerie par ultrasons permet de détecter un cancer de l’endomètre chez des femmes asymptomatiques avec une sensibilité de 80-90 % et pour des taux similaires de spécificité. Plus de 48 200 femmes ménopausées en Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord ont participé à cette étude cas-contrôle, entre avril 2001 et septembre 2005.

Pour un endomètre épais ≥ 5 mm, la sensibilité et la spécificité sont ainsi respectivement de 80,5 et 85,7 %. Toutes femmes confondues, la limite optimale pour l’épaisseur est de 5,15 mm, avec une sensibilité de 80,5 % et une spécificité de 86,2 %. Si l’endomètre mesure plus de 5,15 mm d’épaisseur, le risque d’avoir un cancer de l’endomètre est ainsi 25 fois plus grand. Pour une limite à 10 mm d’épaisseur, la sensibilité chute à 54,1 % au profit d’une spécificité à 97,2 %.

Stratifier le risque

L’échographie semble bien plus performante pour les profils dits « à risque ». Dans une population à haut risque, une limite d’épaisseur à 6,75 mm se traduit par une sensibilité à 84,3 % et une spécificité à 89,9 %. Le risque relatif serait ainsi multiplié par 43 chez ces femmes. Pour les identifier, les chercheurs se sont appuyés sur plusieurs caractéristiques : le poids, l’âge de la ménarche, la prise d’une contraception orale, des antécédents de cancers du sein, de l’ovaire, du poumon, de l’intestin, l’âge et le nombre de grossesses de plus de 6 mois.

Ces résultats ont un intérêt immédiat en apportant des réponses pour la prise en charge d’un endomètre épais de découverte fortuite sur des scanners pelviens. En revanche, l’UKTOCS ne comporte aucun volet d’intervention et ne permet pas de statuer sur l’intérêt du dépistage, de l’aveu des auteurs. De nombreuses questions restent à évaluer telles que l’acceptabilité, le coût et la stratification du risque.

« The Lancet Oncology », publié en ligne le 13 décembre 2010. DOI:10.1016/S1470-2045(10)70268-0.

lequotidiendumedecin.fr, le 13/12/2010

 Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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