Cancer du sein : le sport n’augmente pas le lymphoedème

Cancer du sein : le sport n’augmente pas le lymphoedème

09.12.2010
Des Américains ont montré que des exercices de musculation progressive des membres supérieurs n’augmentent pas la survenue de lymphœdème chez des femmes ayant eu un cancer du sein.
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    Cancer du sein : le sport n’augmente pas le lymphoedème

QUELS CONSEILS pour le sport donner aux femmes après curage ganglionnaire ? Selon une étude américaine randomisée et contrôlée, une musculation progressive des membres supérieurs n’augmenterait pas le risque de lymphœdème, sous réserve que l’activité physique soit modérée et graduelle. Pourtant, les choses n’ont pas toujours été si simples et les chirurgiens gynécologues avaient de quoi être partagés sur le sujet. Si d’un côté, il était consensuel de conseiller de ménager le bras atteint et d’éviter de porter des charges lourdes (enfants, sacs), de l’autre, les bienfaits de l’activité physique sur la survie et la réduction du risque de récidive ne sont plus à démontrer.

Pour tirer la question au clair, avant de prouver la supériorité, le Pr Kathryn Schmitz et son équipe de l’université de Pennsylvanie se sont d’abord assurés que le sport n’était pas nocif dans cette étude d’équivalence. L’étude a comparé l’incidence de lymphœdème chez 154 femmes à risque de la banlieue de Philadelphie, selon qu’elles étaient randomisées dans le groupe sportif ou non. Toutes étaient en rémission entre 1 à 5 ans d’un cancer du sein avec exérèse d’au moins 2 ganglions lymphatiques. Les chercheurs ont testé les effets d’un programme de musculation très progressif, à raison de 2 fois par semaine pendant 1 an, par petits groupes de 2 à 6. Chaque participant était inscrit à un centre sportif près de chez lui, en général appartenant au système associatif américain chrétien protestant des YMCA (Young Men’s Christian Association).

Sur les 134 femmes ayant suivi le programme d’un an, la survenue d’un lymphœdème était constatée chez 11 % du groupe musculation (8/72) et chez 17 % du groupe témoin (13/75). Parmi les patientes les plus exposées, c’est-à-dire ayant subi l’exérèse d’au moins 5 ganglions lymphatiques, 7 % (3/45) du groupe sportif ont eu un lymphœdème, par rapport à 22 % (11/49) du groupe témoin.

Ces résultats ont le mérite de clarifier les conseils de prévention du lymphœdème après curage ganglionnaire. Les auteurs soulignent néanmoins sur le caractère doux et lentement progressif du niveau d’exercice physique. Via une adaptation graduelle, le sport permettrait de renforcer les défenses de l’organisme contre l’infection, l’inflammation et les agressions physiques. Malgré la technique du ganglion sentinelle, près d’un tiers des patientes nécessitent un curage axillaire, se soldant par un lymphœdème dans 13 à 47 % des cas.

JAMA, publié en ligne le 8 décembre 2010. doi:10.1001/jama.2010.1837

lequotidiendumedecin.fr, le 09/12/2010

 Dr I. D.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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