Des cellules souches dans les coronaires

Des cellules souches dans les coronaires

03.12.2010
Neuf jours après un infarctus du myocarde (IDM) grave traité par angioplastie, une équipe française dirigée par le Pr Patricia Lemarchand a injecté dans le territoire vasculaire malade des cellules souches de la moelle osseuse du patient.
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    Des cellules souches dans les coronaires

LA VIABILITÉ myocardique à 3 mois était meilleure, en particulier chez les non-fumeurs. « L’injection de cellules souches en post-infarctus permet de récupérer des territoires cardiaques initialement non viables », explique au « Quotidien » le Pr Lemarchand, cardiologue au CHU de Nantes et principal auteur de l’étude BONAMI.

Ce sont ainsi 101 patients plutôt jeunes, âgés en moyenne de 55 ans et présentant un IDM inaugural grave, qui ont été inclus dans l’essai. « Leur fonction d’éjection ventriculaire (FEVG) était inférieure à 45 %, poursuit le Pr Lemarchand. Une technique lourde comme la thérapie doit apporter un bénéfice au patient. » Au total, six centres hospitalo-universitaires français (Créteil, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Toulouse) ont participé. Les patients âgés de 18 à 75 ans étaient randomisés en deux groupes, soit angioplastie seule, soit angioplastie avec injection de cellules souches au 9e jour.

« Les cellules souches sont prélevées au niveau de la crête iliaque du patient sous anesthésie locale, détaille la chercheuse. C’est un concentré de moelle osseuse non triée contenant des cellules souches mésenchymateuses mais aussi des lymphocytes. » Comment agissent ces cellules souches ? « À l’état physiologique, elles participent au phénomène de réparation cellulaire, explique la chercheuse. Au cours d’un accident grave comme l’infarctus, le phénomène est dépassé. L’injection de cellules souches dans la coronaire malade a pour but de pallier une cicatrisation défaillante. » Un objectif radicalement différent de la greffe de myoblastes, il ne s’agit donc pas de fabriquer du myocarde mais d’aider à la réparation cellulaire.

Prochaine étape : évaluer le bénéfice de la procédure en terme de morbi-mortalité. Pour inclure les 1 500 patients nécessaires, le projet sera mené au niveau européen. « Parallèlement, nous suivons de très près un autre projet, celui des banques de cellules de donneurs, poursuit-elle. Dans l’IDM, il faut aller vite, on n’a pas les 3 semaines nécessaires pour isoler les cellules souches dans la moelle osseuse, les cultiver et les multiplier. La technique des cellules allogéniques permettrait de résoudre le problème, ce d’autant que ces cellules particulières ne sont pas rejetées. »

« European Heart Journal ». doi:10.1093/eurheartj:ehq455.

lequotidiendumedecin.fr, le 03/12/2010

Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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