Pour le CNS, il faut améliorer les droits et l’accès aux soins des prostitué(e)s

Pour le CNS, il faut améliorer les droits et l’accès aux soins des prostitué(e)s

29.11.2010
« La prostitution ne constitue pas en elle-même un facteur de risque de transmission du VIH/sida et des IST, ni pour les personnes qui l’exercent, ni pour leurs clients. En revanche, estime le Conseil national du sida (CNS), les conditions souvent difficiles dans lesquelles les personnes prostituées exercent leur activité fragilisent considérablement leur accès à la prévention et aux soins et majorent leur exposition à l’ensemble des risques sanitaires. »
  • 1291046639208477_IMG_49399_HR.jpg

    Pour le CNS, il faut améliorer les droits et l’accès aux soins des prostitué(e)s

DANS UN AVIS rendu public ce lundi, le CNS (www.cns.sante.fr) fait donc des recommandations pour garantir aux prostitué(e)s « un accès universel aux droits, à la prévention et aux soins ».

Le Conseil relève que la prostitution a beaucoup changé ces quinze dernières années, avec, entre autres, le renforcement de la pression policière et pénale, l’arrivée de migrants de différentes origines, le développement de la prostitution masculine et transgenre, l’utilisation d’Internet comme vecteur de rencontre, la multiplication des lieux de prostitution de voie publique, l’apparition de prostitutions occasionnelles. Et l’état des lieux est « alarmant » : violences subies de la part des clients mais aussi d’autres prostitués ou de la police, accès limité à l’information et aux soins, difficultés à faire valoir ses droits au séjour et aux prestations sociales, conditions de vie souvent très précaires.

S’y ajoutent les effets de politiques publiques contradictoires. Selon le CNS, la loi pour la sécurité intérieure de 2003 a davantage déstabilisé les prostitué(e)s sans parvenir à protéger directement les victimes du proxénétisme. L’extension du délit de racolage a contribué à déplacer l’exercice vers des lieux plus discrets, plus isolés et donc plus dangereux. Quant aux associations, elles ont été peu soutenues ou alors surtout pour des programmes ne bénéficiant qu’à un nombre limité de victimes de la traite d’êtres humains.

Les nombreuses recommandations du conseil du sida découlent de cette constatation. Elles visent à garantir aux personnes prostituées « un ensemble de droits identiques à ceux de la population et reconnaître une compétence spécifique en matière de prévention ». Le CNS préconise par exemple la révision des dispositions sur le racolage et la lutte contre le proxénétisme et la convocation d’une conférence nationale réunissant tous les acteurs concernés. Il insiste sur le soutien aux démarches communautaires, en favorisant l’auto-organisation des prostitué(e)s et en les encourageant à prendre en charge la prévention et la médiation, après une formation adaptée.

lequotidiendumedecin.fr, le 29/11/2010

RENÉE CARTON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

A la une

add

À l'hôpital de Saint-Brieuc, 116 médecins en conflit avec leur direction claquent la porte administrative

La nouvelle a été officialisée mardi 9 octobre. Ce jour-là, au centre hospitalier de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), 116 médecins, dont les... Commenter

Chirurgie du cancer : le député médecin Olivier Véran s'attaque aux opérations sans agrément

veran

Le Dr Olivier Véran, rapporteur général (LREM) de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, a dévoilé ce lundi deux... 11

Un référentiel pour justifier le « non substituable » ? Médecins et pharmaciens craignent une usine à gaz

Non substituable

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 (PLFSS) vise à favoriser le recours aux génériques et biosimilaires. Mais... 19

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter